«Le high yield européen bénéficie toujours d’un contexte favorable»
Marina Cohen, responsable gestion high yield chez Amundi
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Quelle est la performance attendue sur le high yield européen cette année?
- Marina Cohen : Après une progression de plus de 5% en 2014, nous tablons sur une hausse de l’ordre de 4 à 5% en 2015. Celle-ci devrait essentiellement provenir du portage, sachant que le rendement du high yield européen s’élève à près de 4% aujourd’hui. La classe d’actifs bénéficie toujours d’un contexte favorable: pas de récession attendue en Europe mais une croissance faible incitant les entreprises high yield à la prudence, une BCE accommodante décidée à lutter contre les pressions déflationnistes, des taux toujours plus bas voire négatifs sur la partie courte poussant les investisseurs à rechercher du rendement et des taux de défaut historiquement bas grâce aux nombreux refinancements opérés depuis 2009. Notons que, contrairement au high yield américain, le high yield européen n’a pas été touché par la baisse du prix du pétrole, son exposition au secteur de l’énergie étant inférieure à 1%.
- Quels sont les principaux risques?
- L’un des principaux risques serait d’ordre macroéconomique, à savoir un retour de la récession en Europe, qui pourrait se traduire par un écartement marqué des spreads de crédit. Une résurgence de la crise souveraine est également à craindre. Les discussions relatives à une renégociation de la dette grecque seront donc à suivre de près au cours des prochains mois. Aussi, une éventuelle remontée des taux aux Etats-Unis fin 2015, plus brutale que prévu, pourrait négativement affecter l’ensemble des marchés du crédit. Enfin, des tensions géopolitiques (Russie, Ukraine, Moyen-Orient) sont encore susceptibles de conduire à des épisodes de volatilité.
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