Le haut rendement reste fermé malgré l'émission de HeidelbergCement
Le cimentier a concédé un coupon de 9,5 % pour son opération à 7 ans. Un niveau dissuasif pour les autres émetteurs
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Violaine Le Gall
Après Fresenius début septembre, un autre émetteur bien connu du marché high yield est venu solliciter les investisseurs la semaine dernière. L’allemand HeidelbergCement a réussi à émettre 300 millions d’euros à 7 ans en offrant un coupon de 9,5%. Une rémunération bien plus élevée que les 6,75% proposés lors de la précédente émission du cimentier en juin 2010, alors qu’il était noté trois crans en dessous de sa note actuelle, BB.
L’annonce de la nouvelle émission a provoqué de violentes réactions sur les lignes existantes. Les titres à échéance 2020 et 2019 ont vu leur rendement passer de 9 à 9,4 %environ. Plutôt que d’ouvrir des perspectives à des émetteurs, l’opération pourrait donc les dissuader. «Le marché du haut rendement est effectivement fermé après que l'émission d’HeidelbergCement a placé la barre trop haute pour d’autres émetteurs», expliquent les stratégistes crédit de SG CIB dans une note de vendredi dernier.
En lançant une nouvelle opération, les émetteurs ayant déjà fait appel au marché s’exposeraient à un ajustement sur leurs lignes existantes. L’horizon s’est donc clairement assombri après l’excellent début d’année pour le marché primaire du high yield. A fin septembre, près de 30 milliards d’euros d’obligations ont été émises, ce qui fait de 2011 la deuxième meilleure année après 2010, d’après SG CIB.
Sans même solliciter à nouveau les investisseurs, certaines signatures ont déjà fortement souffert de la crise sur le marché secondaire depuis le début de l'été. Les pires performances reviennent à des groupes qui pâtissent des craintes de récesssion, telles que l’armateur CMA CGM. Ses titres à échéance 2019 émis en avril dernier traitent à 40 % du pair. Emises en juin, les obligations du papetier Norske Skog s'échangent quant à elle à 56% du pair, d’après Standard & Poor’s LCD.
A l’opposé, certains groupes classés dans la catégorie high yield résistent bien, en particulier les câblo-opérateurs. Ainsi, profitant de la publication de solides résultats, Kabel BW et Kabel Deutschland traitent toujours à des niveaux proches du pair. Le contexte actuel peut donc être porteur d’opportunités, en particulier parmi les titres de la meilleure qualité, les moins cycliques et notés BB ou B. «Nous pensons que les investisseurs devraient profiter des anomalies importantes et nombreuses qui apparaissent sur le marché», précisent les stratégistes crédit de Barclays Capital.
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