Le premier ministre a détaillé son plan de réformes structurelles comprenant notamment une baisse du taux d’impôt sur les sociétés sous les 30%
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Patrick Aussannaire
Longtemps attendue, la troisième flèche du programme du gouvernement japonais a finalement été décochée hier. La mesure phare du projet est la baisse progressive de l’impôt sur les sociétés à un taux moyen inférieur à 30% d’ici à 2020, mesure pour laquelle Shinzo Abe et son ministre des finances récalcitrant sont tombés d’accord. Si le taux varie selon les localités, il est en moyenne d’environ 35%, et de 35,64% à Tokyo. Une première baisse sera accordée dès début avril 2015.
Shinzo Abe a indiqué son intention de trouver d’ici la fin de l’année des sources de recettes supplémentaires pour compenser la baisse des recettes liée à cette mesure afin de respecter son objectif de revenir à un excédent primaire d’ici à 2020. Or, le déficit primaire nippon atteint aujourd’hui environ 9% de son PIB. «Le gouvernement dépendra certainement de la hausse des recettes liées aux effets des Abenomics sur la croissance», estime SG CIB.
Le programme prévoit en outre une série de mesures visant à orienter les investissements dans les sociétés, mais aussi pour renforcer leur compétitivité internationale, promouvoir les nouvelles technologies et réformer le secteur de l’agriculture. Un accès à des systèmes d’assurance de santé privés sera autorisé. Enfin, les prises de participation dans les PME, qui fournissent 70% des emplois au Japon, seront facilitées pour soutenir leur politique d’expansion.
«Il est important de stimuler l’activité des PME pour faire reculer le taux de chômage sous les 3,5%, ce qui permettrait de faire progresser le niveau des salaires», condition pour atteindre l’objectif de revenir à un rythme stable d’inflation de 2%, estime SG CIB. Après les mesures prises en 2013 pour faciliter la mobilité des salariés, Tokyo souhaite à présent accroître la force de travail au Japon où le taux de chômage est tombé à 3,6%, notamment en facilitant l’entrée des femmes.
SG CIB estime que ces mesures «pourraient relever le taux de croissance potentielle du Japon de 0,5 point à 1,25% d’ici à 2020», même si elles seront «lentes à se matérialiser». Le PIB nippon a progressé de 1,6% au premier trimestre, soutenu par la consommation et les investissements. Pourtant, la croissance devrait ralentir à 0,6% pour cette année fiscale sous l’effet de la hausse de TVA, après 2,3% en 2013-2014, selon CA CIB. Dans ce contexte, un nouvel assouplissement de la BoJ d’ici à un an n’est pas exclu.
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