Le Gouvernement japonais nomme un nouveau candidat pour gouverner la BoJ
Le temps presse pour le Japon, et l’on se demande à quoi son Gouvernement joue avec la banque centrale. Les responsables de l’Archipel ont en effet jusqu'à demain pour trouver un successeur à l’actuel Gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Toshihiko Fukui, date à laquelle celui-ci quittera ses fonctions.
Compte tenu de l’environnement économique mondial actuel, si l’opposition et le Gouvernement ne parviennent pas à un accord d’ici là, l’Empire du soleil levant pourrait connaître de sérieuses turbulences. Quand bien même le Gouvernement a indiqué qu’il ne laisserait pas vide le siège de Gouverneur en pleine crise mondiale du crédit, ce risque n’est pas à exclure. Une telle situation serait «très risquée, pas seulement pour le marché japonais mais pour tous. […] la coopération internationale est requise et le gouverneur de la BoJ est supposé travailler en étroite collaboration avec ses homologues» rappelle Fumihito Gotoh, chef de la recherche crédit chez UBS à Tokyo.
Après le refus de son premier candidat, Toshiro Muto, le Gouvernement a donc nommé Koji Tanami au poste de Gouverneur de la BoJ. Toutefois, Tokyo risque d’en être à nouveau pour ses frais. Alors que l’opposition était prête à accepter n’importe quel candidat n'étant pas partisan d’une ligne trop dure et permettant d’assurer l’indépendance de la banque centrale, le gouvernement a de nouveau choisi un ancien haut fonctionnaire du ministère des finances. C’est justement ce que reprochait l’opposition à Toshiro Muto, arguant un possible conflit d’intérêt.
De fait, plusieurs responsables du principal parti d’opposition, le parti démocrate, ont d’ores et déjà prévenu qu’il serait «difficile», voire «pratiquement impossible» que cette nouvelle candidature soit acceptée. Faisant eux aussi le parallèle avec Toshiro Muto, les analystes ne croient pas que Koji Tanami soit le prochain responsable de la BoJ. Par ailleurs, certains, comme Chotaro Morita, stratégiste de Barclays Capital, doutent de ses capacités en matière de «finance internationale». Tokyo pourrait alors être contraint de nommer, à titre temporaire, l’actuel gouverneur adjoint, Masaaki Shirakawa, pour diriger la BoJ, la prolongation du mandat de Toshihiko Fukui ayant été rejetée par l’opposition hier.
Cependant, Koji Tanami a encore une chance de l’emporter. Celui-ci doit se présenter aujourd’hui à une audition des parlementaires pour que ces derniers puissent se prononcer. A lui de convaincre qu’il est bien le «meilleur candidat».
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