Le gouvernement italien se voit contraint de réviser à la hausse ses prévisions de déficit
L’Italie s’est résignée à traduire dans sa feuille de route budgétaire les nuages qui obscurcissent son horizon. Le président du conseil Mario Monti a officialisé jeudi une révision des prévisions économiques pour 2012 et 2013. Avec une récession attendue à 2,4% cette année (contre -1,2% en avril) qui met à mal ses efforts de consolidation budgétaire, le gouvernement a relevé la cible du déficit public à 2,6% du PIB (contre 1,7% au printemps). En 2011, le déficit s'était établi à 3,9% du PIB. Le gouvernement est désormais plus pessimiste que le consensus Bloomberg, qui table sur une contraction de l'économie de 2,2% en 2012.
La dette nationale, incluant la facture des sauvetages européens, devrait atteindre pour sa part 126,4% du PIB, avant de culminer à 127,1% l’an prochain. Pour 2013, le gouvernement s’attend à une poursuite de la récession (-0,2%), alors qu’il espérait encore en avril un retour à la croissance (+0,5%). Le déficit public devrait ressortir à 1,8% du PIB, soit près de trois fois plus que le niveau escompté en avril.
«Les perspectives économiques n’ont jamais été favorables pour l’Italie, mais la situation a sans aucun doute empiré au cours des derniers mois», souligne Ulrike Rondorf, économiste de Commerzbank. «Je doute même de leur capacité à atteindre la barre des 3% (de déficit public). Cela serait une vraie barrière». Lors d’une conférence à Milan courant septembre, Mario Monti avait reconnu l’impact redoutable des 20 milliards d’euros de mesures d’austérité sur l'économie nationale. «Seul un idiot peut penser qu’il est possible d’agir sur des problèmes structurels vieux de plusieurs décennies sans provoquer une réduction de la demande à court terme», avait-il alors déclaré.
Malgré ce tableau peu reluisant, le ministre italien des Finances, Vittorio Grilli est monté au créneau jeudi pour assurer que l’Italie n’avait pas l’intention de solliciter l’aide de l’Union européenne ou de la Banque centrale européenne. «Nos finances publiques sont tout à fait en ordre», a-t-il martelé devant des journalistes. Ainsi, le gouvernement a maintenu son objectif d’un budget structurel, soit net des effets de la récession, à l'équilibre en 2013.
Plus d'articles du même thème
-
Barings récolte plus de 19 milliards de dollars pour sa stratégie de prêts directs à l'échelle mondiale
En parallèle de la levée, le gestionnaire a déployé 18 milliards de dollars via sa stratégie de Global Direct Lending au cours des deux dernières années. -
Google rapproche Gemini et Search
Google a intégré des agents d'IA directement dans son moteur de recherche et a déployé une version plus rapide et moins coûteuse de son modèle Gemini, a-t-il annoncé mardi lors de sa conférence annuelle Google I/O. Il va commercialiser cet automne ses lunettes connectées dopées à l’IA. -
Stellantis approfondit ses liens commerciaux avec Dongfeng
L'européen, dirigé par Antonio Filosa, et le groupe chinois vont créer une coentreprise pour produire des véhicules sur le vieux continent. Un volet industriel, avec l'utilisation de l'usine de Rennes, est envisagé. -
La BaFin joue la carte de la prudence sur le marché de la dette privée
La montée en puissance de ce marché inquiète le régulateur allemand qui alerte sur l’interconnexion du secteur financier sur ce segment et sur les risques potentiellement sous-estimés pour les investisseurs institutionnels comme particuliers. -
Valérie Dussouillez (Carrefour) remporte le Prix du Trésorier de l’année
Deux prix ont été décernés lors de l’événement UniversFinance, organisé par L'Agefi, qui a réuni ce 19 mai plus de 1.100 professionnels de la fonction finance. Valérie Dussouillez, directrice de la trésorerie et des financements au sein du groupe Carrefour, a remporté le Prix du Trésorier de l’année, et Pennylane a été désignée lauréate du Prix de la Fintech de l’année. -
L'inflation britannique s'offre un répit temporaire en avril
La hausse des prix a ralenti le mois dernier, à 2,8%, en raison d'un effet de base favorable. Elle ressort inférieure aux attentes des économistes.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreIA : lutter contre l’érosion rapide des compétences
« Beaucoup d’entreprises abordent encore l’IA comme un simple sujet d’optimisation des coûts. C’est probablement l’une des erreurs managériales les plus dangereuses des prochaines années. Une organisation qui délègue trop vite son apprentissage à l’IA finit par externaliser sa propre intelligence » -
L'Iran promet une guerre bien « au-delà de la région » en cas d'attaque américaine
« Nos coups dévastateurs vous écraseront », ont averti les Gardiens de la révolution, mercredi 20 mai, en réponse aux nouvelles menaces lancées par Donald Trump la veille contre l'Iran -
Lignes de fondDette, inflation, hausse des taux d'intérêt... Sur les marchés, les planètes s’alignent, mais pas dans le bon sens...
Les investisseurs y voient de moins en moins clair Les banquiers centraux pourraient les apaiser par des mesures monétaires, mais ils hésitent, de peur de casser prématurément l’activité