Le gouvernement français peine à convaincre de son sérieux budgétaire
Le gouvernement a voulu rassurer sur son sérieux budgétaire à l’occasion de la présentation du projet de loi de Finances pour 2015. Sous surveillance de Bruxelles, il est cependant vertement critiqué par le Haut Conseil des finances publiques, le groupe d’experts chargé d’apprécier le réalisme de ses hypothèses macroéconomiques et le bon respect de ses engagements.
«La crédibilité de la France est totale, nous la maintiendrons», a déclaré le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin hier. Le gouvernement a cependant confirmé qu’il reportait de deux ans, en 2017, l’objectif de ramener le déficit sous les 3% du PIB en raison de la faiblesse de la croissance et de l’inflation. Il a souligné que l’objectif de réduction du déficit à 4,3% du PIB en 2015 (contre 4,4% cette année et 4,1% en 2013) était basé sur un scénario identique à celui de l’OCDE et même plus pessimiste que celui du consensus des économistes de septembre.
Le Haut Conseil des finances publiques a cependant estimé que la prévision de croissance de 1% pour 2015 était «optimiste», dans son avis sur le budget rendu hier. «Elle suppose en effet un redémarrage rapide et durable de l’activité que n’annoncent pas les derniers indicateurs conjoncturels», souligne le groupe d’économistes et d’experts des finances publiques, qui déplore de n’avoir obtenu que très peu d’informations de la part du gouvernement.
Surtout, le Haut Conseil critique l’incapacité du gouvernement à assainir ses finances publiques comme prévu, et ce indépendamment de la conjoncture. Le gouvernement avait promis en avril, pour respecter ses engagements européens, de réaliser un ajustement structurel de 0,8 point de PIB en 2014 et 2015. Or, le budget de 2015 ramène cet ajustement à 0,1 point de PIB en 2014 et 0,2 point en 2015 avec un déficit structurel à 2,2% du PIB à cette date.
«Cette révision de l’effort structurel tient à la conjonction d’effets comptables (changement de système de comptabilité européen, révision de la croissance potentielle) mais également à la faible inflation», a défendu Michel Sapin. «L’effort que nous avions annoncé au printemps, c’est l’effort que l’on retrouve aujourd’hui», a-t-il encore déclaré. Et de souligner que le budget prévoit un effort sans précédent de 21 milliards d’euros d’économies en 2015, dont 7,7 milliards d’euros d’économies supportées par l’Etat et ses opérateurs.
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