Le gouvernement brésilien est en quête de crédibilité budgétaire
Le Brésil cherche à frapper fort pour restaurer la confiance perdue des investisseurs. Le ministre des finances Joaquim Levy a réussi à faire adopter mercredi soir avec une confortable majorité au Sénat une bonne partie des mesures clés visant à réduire les dépenses budgétaires d’un montant total, historique pour le pays, de 69,9 milliards de réaux (20 milliards d’euros).
Parmi elles figure la baisse des aides médicales, des retraites, et des allocations chômage qui permettra d’alléger le budget d’environ 14,5 milliards de réaux. Au mois de juin, la chambre basse devrait se prononcer sur l’annulation des exonérations de charges salariales qui représente environ 13 milliards de réaux d’économies budgétaires par an, ainsi que sur la hausse des taxes à l’importation.
Joaquim Levy visait néanmoins initialement des coupes budgétaires totales d’au moins 75 milliards. Un montant nécessaire selon lui pour revenir à un excédent primaire de 1,1% du PIB et surtout éviter une relégation de la note souveraine du Brésil en catégorie spéculative par les agences de notation. Fitch a d’ailleurs réagi hier en indiquant que la contraction du PIB de 1,2% attendue cette année, la baisse des recettes budgétaires et la hausse des coûts d’emprunt risquaient de mettre en péril le succès des efforts budgétaires réalisés par le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff. Le consensus table sur une contraction de l’activité de 0,6% au premier trimestre, qui s’accentuerait au deuxième. L’inflation a accéléré à un niveau de 8,2% et le taux de chômage grimpe à 6,4%.
Si les marchés ont bien réagi au vote du budget avec des rebonds de 1,5% du real contre dollar et contre euro et de 2,2% de l’indice actions Ibovespa, ils ont ensuite reperdu leurs gains. «Toute détérioration de la confiance des marchés et la pression baissière sur le real sont les principaux risques pesant sur les perspectives d’inflation à moyen terme et donc sur l’orientation de la politique monétaire brésilienne», estime Dev Ashish, économiste chez SG CIB.
Le real a dévissé de 23% contre le billet vert et de 19% contre euro sur les trois derniers mois, signant ainsi la plus mauvaise performance des devises émergentes suivies par Bloomberg. SG CIB anticipe une nouvelle hausse du taux Selic en juin de 50 pb pour le porter à un niveau de 13,75%, avant une période de statu quo monétaire.
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