Le gérant britannique Alliance Trust est de nouveau la cible d’un fonds activiste
Elliott a trouvé une nouvelle cible en Europe. Le fonds activiste américain a engagé un bras de fer avec la direction du gestionnaire d’actifs Alliance Trust. Dans un courrier rendu public hier, Elliott appelle les autres actionnaires à soutenir sa proposition d’élire trois nouveaux administrateurs non exécutifs lors de l’assemblée générale du 29 avril. Le fonds regrette que «ses préoccupations concernant la gouvernance et l’activité d’Alliance Trust» n’aient rencontré «aucune réponse sensée» de la part du gérant d’actifs à la tête de 3,6 milliards de livres (5,1 milliards d’euros).
Elliott pointe notamment du doigt les changements à la tête de la société au cours des dernières années. Le président et tous les administrateurs non exécutifs, sauf un, ont été remplacés en cinq ans sans qu’aucune concertation soit engagée avec les actionnaires. Le fonds regrette également que le remplacement d’Ilario di Bon à la tête de la division actions n’ait pas été l’occasion d’ouvrir un recrutement extérieur. Cette activité représente 95% des actifs sous gestion du groupe de Dundee. Enfin, le fonds s’étonne de la hausse des frais administratifs d’Alliance Trust au moment où tous ses comparables ont lancé des plans d’économies. En face de ces dysfonctionnements, Elliott rappelle qu’Alliance Trust subit une décote de l’ordre de 14% par rapport à la valeur de ses actifs.
Ce n’est pas la première fois qu’Alliance Trust est la proie d’un activiste. Laxey Partners et Aberdeen Asset Management ont par le passé déjà tenté de bousculer la direction et la stratégie du gérant. L’attaque avait entraîné le remplacement de toute l’équipe d’investissement et la mise en place d’un plan de restructuration. Mais Catherine Garrett-Cox, la directrice générale d’Alliance Trust, avait résisté à la tempête.
Cette fois, Elliott a peut-être plus de chances de succès. Le fonds détient 12% du capital d’Alliance Trust, bien au-dessus de la part de 1,7% que détenait Laxey Partners en 2011. Il est ainsi le premier actionnaire du gérant. Un poids qui pourrait se révéler déterminant en AG en raison de l’éclatement du capital d’Alliance Trust. La direction du gérant semble d’ailleurs prendre la menace au sérieux. Elle a recommandé hier à ses actionnaires de ne prendre aucune décision mais a assuré qu’elle allait étudier les propositions d’Elliott.
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