Le G7 sème le trouble sur le marché des changes
Pour sa première incursion sur le terrain des taux de change depuis le 9 septembre 2011, le G7 a contribué hier à entretenir la nervosité du marché. Dans son communiqué, le groupe de discussion et de partenariat économique se refuse à fixer des «cibles pour les taux de change», jugeant acceptable le recours à des politiques monétaires et fiscales orientées vers des objectifs domestiques et utilisant des instruments de même portée.
Il n’est ainsi pas fait mention du Japon, dont la politique monétaire agressive a entraîné dernièrement une forte dépréciation du yen. Dès la publication du communiqué, Tokyo s’est empressé de souligner cet élément. «Il est significatif à nos yeux que (le G7) reconnaisse clairement que les mesures que nous prenons pour vaincre la déflation ne visent pas à influencer le marché des changes», a ainsi déclaré le ministre des Finances japonais Taro Aso.
Plutôt vague et insipide, ce communiqué a toutefois été bousculé par les déclarations d’un haut responsable du G7. Sous couvert d’anonymat, il a évoqué une mauvaise interprétation du texte. «Le G7 est préoccupé par un pilotage unilatéral du yen. Le Japon sera sous le feu des projecteurs au G20 de Moscou ce week-end (vendredi et samedi, ndlr)», a-t-il précisé.
Alors que le marché se laissait aller à penser que le G7 pouvait s’accommoder d’une devise nippone faible aussi longtemps que le gouvernement nippon ne poursuivait pas activement une dévaluation, cette mise au point a suscité des remous. Dans son sillage, le yen a progressé de 1,3% face au dollar et de 0,9% face à l’euro. Au cours des trois derniers mois, la devise japonaise a cédé 17%, tandis que la monnaie unique a gagné 4,9%.
Plutôt qu’une «guerre des monnaies», une expression que le président de la BCE Mario Draghi juge exagérée, Wells Fargo parle d’une «escarmouche des devises». «Les grandes économies tentent de mettre la pression sur le Japon, mais il n’est pas évident qu’elles aient la volonté de passer à la prochaine étape et de prendre des mesures», estime son responsable de la stratégie taux Nick Bennenbroek.
Reste désormais à voir quelle ligne sera adoptée lors du sommet du G20. Des pays émergents, tels que le Brésil, qui se plaignent de l’impact des politiques monétaires expansionnistes sur leurs devises, devraient donner de la voix.
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