Le G7 laisse libre cours à la politique monétaire japonaise
Jeudi dernier, la devise nipponne a franchi pour la première fois depuis la mi-avril 2009 le seuil de 100 yens pour un dollar. Une illustration supplémentaire de la glissade du yen sur laquelle ont pu s’arrêter les ministres des Finances du G7, réunis vendredi et samedi à Aylesbury, au nord-ouest de Londres. Même si le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble a évoqué «d’intenses discussions», la situation n’a pas suscité de remous au niveau politique. En revanche, plusieurs économies asiatiques ont pris des mesures pour affaiblir leurs devises (lire page 3).
«Nous avons expliqué au G7 que le Japon avait pris des mesures monétaires et budgétaires audacieuses pour mettre fin à une déflation prolongée, et que le gouvernement et la Banque du Japon collaboraient étroitement», a expliqué le ministre japonais des Finances, Taro Aso. «Le G7 n’a évoqué aucun problème particulier (...) Je crois que la position du Japon est de mieux en mieux comprise», a-t-il ajouté.
Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a rappelé de son côté que le doublement des achats obligataires vise à atteindre un objectif d’inflation de 2% d’ici 2015, et qu’il ne constitue pas un soutien artificiel aux exportateurs. Dans leur ensemble, les ministres des Finances du G7 ont réaffirmé leur engagement pris en février de «ne pas cibler les taux de change». Une promesse que Tokyo a promis de respecter, a souligné Wolfgang Schaüble.
Hormis ce dossier des changes, les ministres des Finances, qui n’ont pas publié de communiqué à l’issue de leur rencontre, ont concentré leurs échanges sur la réforme du système bancaire. «Il est important d’achever rapidement notre travail afin d’empêcher de nouvelles faillites de banques», a commenté le ministre britannique des Finances George Osborne. La première étape du projet d’union bancaire - une supervision unique sous la houlette de la BCE - doit être achevée à la mi-2014.
Côté français, le ministre des Finances, Pierre Moscovici, a mis l’accent sur la «fatigue de l’ajustement». «Cela signifie que nous devons penser en termes de réformes structurelles. Nous devons en premier lieu réduire le déficit structurel et en même temps, nous devons préserver la capacité de la France à croître et à créer des emplois». Les premiers résultats des comptes nationaux pour le premier trimestre seront publiés mercredi matin.
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