Les banquiers centraux s’engagent à fournir autant de liquidités aux banques que nécessaire, et la flexibilité du FESF devrait rapidement être accrue
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Patrick Aussannaire
Le G20 tente de réparer les dégâts causés par le discours de Ben Bernanke. Réunis cette nuit, les ministres de finances et les banquiers centraux des vingt nations les plus riches ont indiqué ce matin dans un communiqué qu’ils s’engageaient à «prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la stabilité des systèmes bancaires et des marchés financiers». De quoi faire rebondir l’euro contre le yen à 103,28, après avoir touché son plus bas niveau depuis 2001 en séance hier à 102,22 yens, et à 1,3539 contre dollar après un plus bas depuis janvier dernier de 1,3385 touché hier.
Les banques centrales «se tiennent prêtes à fournir autant de liquidités aux banques que nécessaire» et à s’assurer «que les banques disposent d’un capital adéquat et ont un accès suffisant aux financements pour faire face aux risques actuels». La liquidité continue d’inquiéter. Le spread OIS-Euribor s’est élargi à 85 bp, ses plus hauts depuis mars 2009 mais loin des plus hauts post Lehman de 188 bp. Or, Natixis estime qu’il «est peu probable qu’on revoit de tels niveaux du fait de l’absence de montant qui préside à l’allocation de la liquidité fournie aux banques commerciales par la BCE». En effet, la BCE fournit environ 540 milliards d’euros au système bancaire. Avec une liquidité excédentaire de 80 milliards, contre 140 milliards en moyenne en 2010, la BCE conserve des marges de manœuvre dans le cas où l’interbancaire continuerait à se gripper.
En outre, la décision prise mercredi par la BCE d’accepter les dettes bancaires même si elles ne sont pas listées sur un marché organisé lui permet de financer les banques quoi qu’il arrive grâce à un pool de collatéral quasi infini. Le collatéral qui était déjà de plus de 13.000 milliards d’euros est ainsi encore élargi et adapté pour faciliter le refinancement des banques qui n’ont pas forcément à solliciter le marché pour ensuite refinancer le papier à la BCE. Une décision «quasi aussi importante qu’une baisse des taux», selon Natixis.
Concernant la zone euro, le G20 s’engage à «mener, d’ici notre prochaine réunion, les actions nécessaires pour accroître la flexibilité du FESF et de maximiser son poids afin d’éviter la contagion». Les grands pays émergents réunis hier à Washington ont envisagé de fournir des capitaux au FMI, mais ont également exhorté le G20 à agir rapidement et de façon résolue pour résoudre la crise de la dette dans la zone euro.
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