Le futur patron de l’AMF devra avoir «un goût certain pour l’indépendance»
«A compter du 2 juillet, je me mettrai en retrait de la présidence», a prévenu Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, et proposé comme futur directeur général de la Caisse des dépôts, à l’occasion de la présentation du rapport annuel 2011. L’intérim sera assuré par Jacques Delmas-Marsalet, mais Jean-Pierre Jouyet reprendra sa casquette «notamment si la situation des marchés nécessite des mesures d’urgence» a-t-il précisé.
A l’attention de son successeur, le président de l’AMF a précisé qu’il devrait trouver l’équilibre entre la défense des intérêts des épargnants et ceux des investisseurs, mais «avant tout avoir un goût certain pour l’indépendance».
Jean-Pierre Jouyet lui a donné une feuille de route en exposant les nouveaux enjeux de l’AMF. D’une part, en matière de gouvernance d’entreprise, le président de l’AMF invite à la fin de l’exception française où cohabitent des codes de gouvernance rédigés par «des associations d’entreprises pour des entreprises» et des référentiels développés en réponse par les investisseurs. Jean-Pierre Jouyet invite à une définition des règles de bonne conduite en partenariat avec l’ensemble des parties prenantes, et pourquoi pas sous l’impulsion du régulateur et du législateur. Il milite également pour le vote des actionnaires sur la rémunération des dirigeants. «Le débat doit avoir lieu» a renchéri Thierry Francq, secrétaire général de l’AMF, évoquant aussi la question des conventions réglementées, traitée par le groupe de travail de l’AMF sur les assemblées générales, dont le rapport définitif est dévoilé ce matin.
D’autre part, l’AMF se penchera sur la commercialisation des produits d’investissement aux investisseurs de détail, invitant à une remise à plat des conditions d’exercice, de rémunération et de régulation du métier de conseiller financier. Parallèlement, Jean-Pierre Jouyet attend une position sur les actions collectives – notamment pour la réparation des préjudices financiers – qui ne soit pas «en deçà de ce qui se fait en Europe», tout en évitant les démarchages pour ne pas avoir les excès des Etats-Unis.
Enfin, le régulateur rappelle que les marchés sont au service du financement à long terme de l’économie. Les règles prudentielles et fiscales «doivent être impérativement pensées à l’aune de leur contribution au financement de l’économie et des besoins des clients», insiste Jean-Pierre Jouyet.
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