Le FSB incite les émergents à développer les instruments de couverture de change

Le Conseil de stabilité financière, le FMI et la Banque mondiale prônent un marché de dérivés sur les changes liquide, robuste et transparent
Patrick Aussannaire

Dans un rapport élaboré à la demande des pays du G20 lors du sommet de Séoul en novembre 2010, le Conseil de stabilité financière (FSB), le FMI et la Banque mondiale préconisent de renforcer le contrôle des risques de change directs et indirects dans les pays émergents ainsi que la publication de recommandations cadres de la part du Comité de Bâle. «La volatilité des taux de change nominaux, associés à d’importants flux de capitaux, peuvent provoquer d’importants risques de change» note le rapport.

Ces risques sont particulièrement sensibles dans les pays émergents caractérisés par des marchés financiers de petite taille, une exposition importante aux financements en dollars, et un accès limité aux instruments de couverture. Les banques locales sont ainsi exposées soit directement par leurs positions nettes ouvertes qui ne peuvent pas être correctement couvertes, soit par le biais des prêts accordés à des emprunteurs eux-mêmes exposés aux fluctuations de change.

Le rapport note que «la grande majorité des pays émergents manquent de marchés dérivés permettant aux institutions financières, sociétés et ménages de se couvrir contre une volatilité non anticipée des taux de change et des autres actifs». Or, un accès restreint aux instruments de couverture expose le bilan du secteur privé aux mouvements de change, freine la redistribution des risques et la baisse des coûts d’emprunt. Afin de pallier ces dysfonctionnements, l’étude préconise le nécessaire développement d’un marché des changes liquide, robuste et transparent à côté du marché monétaire, accompagné d’une forte supervision.

«Les pays tributaires d’un haut degré de «dollarisation» peuvent compléter des politiques macroéconomiques solides avec des règles prudentielles encourageant l’utilisation de la devise domestique et aidant à internationaliser le coût de gestion des changes», ajoute le rapport qui milite pour une plus grande coopération entre les pays. Parmi les mesures proposées: le resserrement des limites sur les positions ouvertes de change, l’accroissement de la liquidité, des réserves ou des exigences en capital sur les actifs ou passifs de change, le recentrage de la supervision sur la gestion des risques de change, le lancement de tests sur la crédibilité du crédit des emprunteurs face aux mouvements de change, et la levée des restrictions conduisant à une accumulation des devises étrangères.

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