Salwa Boussoukaya-Nasr a préparé le terrain. Le directeur financier du Fonds de réserve pour les retraites (FRR) a annoncé vendredi à Bloomberg vouloir réduire le poids des obligations assimilables du Trésor (OAT) dans les actifs du fonds de pension français, qui gérait 36,3 milliards d’euros à fin 2015. «Sur la base d’un raisonnement purement financier, tout le portefeuille devrait être échangé, a-t-elle déclaré. Nous avons un confortable ratio de financement excédentaire, nous pouvons nous permettre de prendre plus de risque.»
Il n’en fallait pas plus pour que Bloomberg titre sur la volonté du FRR de se «débarrasser de ses 8 milliards d’euros d’obligations souveraines françaises», au profit d’obligations d’entreprises bien notées (investment grade).
Si le conseil de surveillance doit se pencher sur le sujet ce mois-ci, sa décision «dépendra de son aversion au risque» et «il voudra probablement être prudent», a toutefois prévenu Salwa Boussoukaya-Nasr. Le conseil «actualisera peut-être son allocation stratégique en avril prochain, au moment du paiement de 2,1 milliards d’euros à la Cades (Caisse d’amortissement de la dette sociale)», précise à L’Agefi Yves Chevalier, membre du directoire du FRR.
«Il n’y aura pas de grande rotation, ajoute-t-il. Nous ne substituerons pas le portefeuille entier d’obligations souveraines françaises mais nous continuerons certainement à réduire progressivement son poids, comme nous l’avons déjà fait ces dernières années face à la baisse des rendements.»
Après la cession des obligations d’Etats étrangers en 2012, «nous avons commencé en 2013 à vendre des OAT au profit d’obligations investment grade, précise Yves Chevalier. Leur poids dans notre portefeuille est alors passé de 34% à 30% en 2014, et à 25% aujourd’hui»
Désormais, la dette corporate pèse également un quart des actifs. Ces titres «ont pâti en 2015 de la hausse de leurs primes de risque» et «contribué négativement à la performance», selon le rapport annuel du FRR. Mais «nous disposons aujourd’hui d’un surplus de 13,5 milliards d’euros par rapport au capital nécessaire pour assurer nos versements annuels à la Cades», souligne Yves Chevalier.
L’autre moitié du portefeuille est constituée d’actions et d’un peu d’obligations à haut rendement (high yield) et de dette souveraine émergente. Une partie de ces «actifs de performance» sera peu à peu échangée contre 2 milliards d’euros d’actifs réels (dette privée, capital-investissement, etc.).
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