Des voix s'élèvent pour demander à Angela Merkel d’ouvrir le dossier des euro-obligations
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Lothar Gries, à Francfort
Légende : Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Mario Monti le 24 novembre 2012 à Strasbourg. Photo : Frédéric Maigrot/REA
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Officiellement Angela Merkel persiste et signe. Après sa rencontre hier à Strasbourg avec Nicolas Sarkozy et Mario Monti, la chancelière a rappelé une nouvelle fois que le recours aux euro-obligations «n’est pas nécessaire» pour résoudre la crise de la dette. Mais après le «choc» de mercredi où l’Allemagne s’est heurtée à une très faible demande lors de l’émission d’une obligation de dix ans, des voix de plus en plus nombreuses, y compris au sein de la coalition au pouvoir, s’élèvent pour demander à la chancelière de revoir sa position.
Hier, l’un des cinq «sages» et conseiller économique de la chancelière, Lars Feld, a estimé que l’Allemagne se trouve bel et bien devant un dilemme. «Si les euro-obligations ne sont pas une solution souhaitable, l’alternative serait le rachat massif de dettes souveraines par la BCE» a-t-il dit, estimant que Berlin est donc confronté à un choix entre la peste et le choléra. Mais selon Lars Feld le pays n’a pas le choix, étant donné l’échec du FESF, rejeté par les marchés.
Selon le quotidien Bild, citant des sources gouvernementales, Berlin réfléchirait actuellement à «différents scénarios» permettant à l’Allemagne de donner son feu vert à l’émission d’euro-obligations sans perdre la face. Ainsi la chancelière pourrait proposer à ses partenaires, lors du prochain sommet européen du 9 décembre, d’infléchir sa position en échange d’un accord sur une modification des traités européens. Tel semble notamment l’avis des parlementaires de la CDU au Bundestag dont l’un des chefs de file, Norbert Barthle, a déclaré hier: «Nous pouvons discuter du sujet des euro-obligations une fois que nous disposerons d’un mécanisme de sanctions contre les Etats qui divergent dans les questions budgétaires», ajoutant que «si l’on se dépêche avec la modification des traités les eurobonds pourront venir rapidement».
A l’issue du mini-sommet d’hier à Strasbourg, Nicolas Sarkozy a affirmé que Paris et Berlin allaient faire «dans les jours qui viennent» des «propositions communes pour modifier les traités» européens afin d’améliorer la gouvernance de la zone euro et «pour empêcher que les pays puissent diverger dans les domaines budgétaire, économique et fiscal». La chancelière allemande a toutefois insisté pour que cette modification ne concerne pas la BCE. Selon le président français, la France, l’Allemagne et l’Italie sont d’accord pour «respecter l’indépendance de l’institution» et s’abstenir de «demandes positives ou négatives».
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