Le franc suisse fait office de monnaie refuge face à l’euro

La crise de la dette souveraine dans la zone euro a poussé les investisseurs à transférer leurs dépôts en Suisse
Violaine Le Gall

L’euro est tombé hier sous la barre de 1,26 franc suisse, son plus bas niveau historique. La faible liquidité sur le marché renforce ainsi une tendance de fond sur l’année: l’euro/franc suisse a chuté de 15% depuis janvier dernier. «La récente performance du franc suisse s’explique principalement par la recherche d’un refuge par les investisseurs qui veulent s’éloigner des problèmes actuels dans les pays périphériques de la zone euro», explique Barclays Capital. Par conséquent, les entrées de capitaux de non-résidents dans le système bancaire suisse ont significativement augmenté, soulignent les spécialistes de BNP Paribas. Mi-décembre, le franc suisse était déjà surévalué de 25% par rapport au dollar et de 17% par rapport à l’euro en termes de parité de pouvoir d’achat, d’après Barclays Capital.

L’appréciation du franc suisse par rapport à l’euro pourrait encore se poursuivre. «Le prochain support technique est à 1,23 que l’on peut tester au premier trimestre 2011 si les incertitudes européennes persistent notamment sur l’Espagne», indiquent les cambistes de Natixis.

Cette tendance est problématique pour la Banque nationale suisse qui, jusqu’au printemps dernier, était déjà intervenue sur le marché pour limiter l’appréciation du franc. La remontée de la monnaie est en effet défavorable aux exportations. D’après les dernières prévisions de la SNB, le PIB devrait passer de 2,5 % cette année à 1,5 % en 2011, ce qui s’explique aussi par la faible croissance des principaux partenaires commerciaux de la Suisse, les pays européens.

Si les tensions sur la dette souveraine en euro devaient «se renforcer et peser sur l'évolution économique de cette zone, l'économie suisse en serait également affectée», ce qui pousserait la BNS à prendre «les mesures nécessaires pour sauvegarder la stabilité des prix au cas où une menace de déflation devait apparaître», a déclaré le président de la BNS, Philipp Hildebrand, lors d’une conférence de presse la semaine dernière. D’après des propos rapportés par le journal Sonntag, il aurait même estimé que l’euro/franc suisse pourrait tomber à 0,50 si la crise de la dette touchait le Portugal et l’Espagne. Toutefois, «à court/moyen terme, la BNS reste impuissante face à un euro toujours sous pression», estime Natixis.

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