Le fournisseur d’indices MSCI snobe à nouveau les marchés du Golfe

Le Qatar et les Emirats arabes unis restent à l’écart des « marchés émergents », sur fond de mécontentement des investisseurs internationaux
Benoît Menou

Dans la galaxie des indices MSCI, la catégorie des «marchés frontières» figure comme l’antichambre des «marchés émergents». Mais sur la foi du mécontentement persistant des investisseurs institutionnels internationaux interrogés, le fournisseur d’indices vient d’infliger un camouflet aux marchés du Qatar et des Emirats arabes unis (qui regroupent les Bourses d’Abou Dhabi et de Dubaï), en leur refusant pour la troisième fois le passage en division supérieure.

Les deux marchés prétendent à une intégration au sein d’un indice Marchés émergents qui mesure aujourd’hui la performance de 21 marchés en ignorant le Golfe persique (le Bahreïn, le Koweit, et Oman font également partie de l’indice Marchés frontières). MSCI avait prolongé la période de mise à l’épreuve du Qatar Exchange, du Dubai Financial Market et de l’Abu Dhabi Securities Exchange après la mise en application d’un nouveau service de règlement-livraison sur ces marchés en mai dernier. Si les commentaires se sont révélés positifs à ce sujet, le bout du chemin n’est pas encore atteint.

Aux Emirats arabes unis comme au Qatar, le système ne garantirait pas encore selon les investisseurs «la protection des actifs dans certaines circonstances», particulièrement en cas de vente forcée lors d’opérations non dénouées. Les intervenants regrettent d’ailleurs l’absence de possibilité de prêts de titres ou de ventes à découvert. Les régulateurs y travaillent, bien qu’officieusement seulement encore au Qatar, selon MSCI. Le fournisseur d’indices se désole à nouveau que cet émirat limite drastiquement, à 25%, la détention des sociétés locales par des mains étrangères. Le relèvement de ce plafond, pas même évoqué par les autorités, est indispensable à la révision du jugement sur le Qatar.

Le prochain examen de passage est prévu en juin prochain. Ce qui laisse peu de temps aux marchés, d’autant que parallèlement aux arguments formellement mis en lumière par MSCI, l’intérêt des investisseurs reste limité par le manque de liquidité et de représentativité des Bourses du Golfe, minées par les tourments d’un secteur immobilier fortement représenté. Qui plus est, au-delà de la limite réglementaire de détention du capital au Qatar, les investisseurs souffrent d’un traitement aléatoire envers les minoritaires. «Il est illusoire de considérer que les investisseurs ont la mémoire courte» reconnaît un gérant de Dubaï.

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