Le fonds souverain chinois se tient aussi à la disposition de l’Europe

Un haut responsable de China Investment Corp entend aider de manière indirecte le Vieux Continent par des investissements dans les entreprises
Benoît Menou

China Investment Corp (CIC) ne restera pas à l’écart. Sans toutefois entrer dans le vif du sujet. A l’occasion d’un entretien accordé à Bloomberg la semaine passée, le vice-président exécutif du fonds souverain chinois, Jesse Wang, a indiqué que CIC pourra participer au soutien d’un Vieux Continent balloté par la crise de la dette en zone euro.

Pour autant, l’aide du fonds ne pourra être qu’«indirecte». China Investment Corp, qui assurait à fin 2010 la gestion de 410 milliards de dollars d’actifs, ne peut être le «principal véhicule» de Pékin dans ce contexte et s’en tiendra à des investissements classiques pour lui.

Il s’agirait ainsi bel et bien pour China Investment Corp d’identifier des opportunités d’investissement en Europe qui répondent à ses exigences d’engagement à long terme tout en assurant une certaine maîtrise des risques. Le caractère «indirect» de l’aide viendra alors naturellement par le biais du soutien apporté à la cible de l’investissement et à son économie nationale. Le responsable du fonds chinois a évoqué l’accord de coopération noué cet été avec GDF Suez comme un exemple prometteur. Le PDG du groupe français Gérard Mestrallet voyait alors logiquement en CIC «un acteur financier majeur au niveau mondial, qui pourra nous apporter un accès à de nouvelles ressources financières ainsi qu’à un réseau important en Chine et à travers l’Asie».

Selon son dirigeant, CIC est ainsi une «entité commerciale», qui «n’a aucune obligation de suivre les orientations du gouvernement (chinois)». Mieux, Jesse Wang souligne que le fonds ignorera le plus souvent le chemin suivi par Pékin du fait d’«objectifs opérationnels et de capacités de prise de risque» divergents.

Economiste pour Citigroup à Hong Kong, Ding Shuang rappelle que les autorités chinoises s’interrogent sur la façon d’apporter un soutien plus direct à l’Europe, pour être perçues comme «une force constructive et non comme un sauveur». La méthode qui semble privilégiée serait celle passant par le Fonds monétaire international. La présidente brésilienne Dilma Roussef avait assuré lors du sommet du G20 à Cannes début novembre que ce sentiment était partagé par l’ensemble des puissants pays émergents Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), excluant ainsi toute contribution au Fonds européen de stabilité financière.

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