Le fonds souverain chinois a les arguments pour muscler sa force de frappe
China Investment Corp (CIC) a fait aussi bien en 2010 qu’en 2009. Le fonds souverain chinois, qui a publié hier son rapport annuel, a dégagé l’an dernier un rendement de 11,7% sur son portefeuille d’investissements à l’étranger. Ce dernier atteignait 135 milliards de dollars à fin 2010. CIC affiche au total 409 milliards de dollars d’actifs, le reste des investissements étant faits en Chine à travers la structure Central Huijin.
Avec un rendement annualisé de 6,4% depuis son lancement en septembre 2007, le fonds a effacé la déconvenue de 2008 (-2,1%) et peut présenter un bilan satisfaisant aux autorités chinoises. China Investment Corp peut ainsi espérer une nouvelle injection de fonds à gérer, que Pékin lui avait refusée l’an dernier. Il a demandé en mars une rallonge de 100 à 200 milliards de dollars.
Or CIC dépend encore à 59% de sociétés de gestion externes, même s’il tente de développer ses capacités d’investissement internes. «La simple taille des actifs que CIC devra gérer s’il reçoit une nouvelle injection de fonds rendra nécessaire un degré élevé de recours à la sous-traitance, ce qui ouvrira une multitude d’opportunités pour les sociétés de gestion», estimait hier François Guilloux, directeur de Z-Ben Advisors, société de conseil basée à Shanghai et spécialisée dans la gestion d’actifs.
La stratégie d’investissement agressive du fonds constitue le fait marquant de l’exercice 2010. Entré en janvier avec 32% de cash dans son portefeuille, CIC a ramené cette proportion à 4% seulement fin décembre. Les actions et la gestion alternative en ont surtout profité. Leur part dans le portefeuille a progressé respectivement de 12 points, à 48%, et de 15 points, à 21%. L’obligataire est resté quasiment stable, à 27%. Au sein de cette classe d’actifs, la dette souveraine représentait 38% des titres détenus à fin 2010. Par régions, l’Amérique du Nord (41,9%, -2 points) reste devant l’Asie-Pacifique (29,8%, +1,4 point).
En 2011, le fonds souverain a engagé plusieurs réformes. Son horizon d’investissement a été étendu de 5 à 10 ans. Son portefeuille compte aussi cinq classes d’actifs au lieu de quatre. La poche alternative a été éclatée en deux ensembles: l’absolute return, qui comprend les hedge funds et le trading pour compte propre, et les investissements de long terme, où l’on trouve le non coté, l’immobilier, les matières premières ou encore les infrastructures.
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