Le fonds souverain Adia renforce ses expertises de gestion interne
Le fonds souverain Adia (Abu Dhabi Investment Authority) fait vœu d’investir «prudemment» ses actifs pour le compte du gouvernement d’Abu Dhabi afin d’assurer la «prospérité à long terme» du plus grand émirat des Emirats arabes unis. Cette sagesse affichée ne saurait détourner l’attention des observateurs, la gestion de la manne pétrolière permettant à Adia de superviser un trésor de guerre dont le montant reste confidentiel, mais estimé à 773 milliards de dollars par l’Institut mondial des fonds souverains. Le rapport annuel de gestion du fonds, publié hier pour la cinquième fois seulement, distille ainsi des enseignements concernant la stratégie de l’un des plus puissants investisseurs au monde, employant plus de 1.500 personnes de plus de 60 nationalités.
Adia pourtant reste avare de détails. Le fonds dévoile ses performances de gestion annualisées sur le long terme uniquement, de 7,2% sur 20 ans à fin 2013, en repli de 0,4 point par rapport à fin 2012, et de 8,3% sur 30 ans, en hausse de 0,1 point. Quant à la répartition de son portefeuille, Adia n’a pas modifié sur l’exercice écoulé ses fourchettes d’allocations cibles au sein desquelles les pondérations effectives peuvent évoluer en toute discrétion.
Les actions des marchés développés constituent ainsi de 32 à 42% de l’actif, contre 10 à 20% pour les actions des émergents, une part similaire à celle des obligations d’Etat. Entre autres classes d’actifs, les emprunts privés évoluent entre 5 et 10%, tout comme l’immobilier. Les liquidités sont limitées à 10%. Directeur général d’Adia, Sheikh Hamed bin Zayed al-Nahyan a assuré que les infrastructures (1 à 5% du fonds) avaient particulièrement bénéficié l’an dernier, comme d’autres segments d’actifs peu liquides, d’un renforcement des équipes de gestion destiné à muscler l’expertise interne (75% des actifs sont gérés en externe) afin de dénicher «des opportunités spécifiques aux caractéristiques de rendement attractives».
Adia mise aussi sur le potentiel de marchés émergents (toujours 15 à 25% des actifs), qui, «en dépit de contretemps à court terme», devraient «jouer un rôle plus important que jamais dans le prochain cycle de croissance mondiale» face à des économies développées encore convalescentes. Le fonds a dans ce cadre doublé en 2013 en tant qu’investisseur étranger qualifié (QFII) son plafond d’investissement en actions chinoises à un milliard de dollars.
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