Le fonds immobilier ING Industrial tombe dans l’escarcelle d’un consortium

La valeur du portefeuille détenu par le fonds australien avoisine 2 milliards d’euros, pour près de 10 % en Europe
Benoît Menou

A l’issue de quelques semaines de négociations, les directeurs indépendants du fonds immobilier australien coté ING Industrial Fund (IIF) ont approuvé l’offre de reprise formulée par un consortium d’investisseurs internationaux. Celui-ci est dirigé par l’australien Goodman Group, émanation de Macquarie Bank, dont il a acquis son indépendance en 2006.

L’opération porte sur un portefeuille d’actifs logistiques évalué à 2,5 milliards de dollars australiens (1,9 milliard d’euros), dont une reprise de dette de 1,1 milliard par le consortium. 60 actifs sont concernés, dont 44 en Australie et 16 en Europe (11 en Allemagne, 4 en Espagne et 1 en Belgique, pour une superficie totale de près de 510.000 m² et une valeur de 200 millions d’euros).

Goodman Group détiendra une participation minoritaire de 19,9% du nouvel ensemble, appelé à devenir un fonds privé sous la dénomination de Goodman Trust Australia (GTA). A ses côtés figurent en effet trois partenaires institutionnels de poids. A savoir deux fonds de pension, l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC), à hauteur de 42,4%, et le fonds néerlandais APG (Alegemene Pension Groep), pour 25,1%, ainsi que le fonds souverain China Investment Corp (CIC), à 12,6%.

Faute d’offre supérieure pour la reprise d’IIF et sous réserve de l’avis d’un expert indépendant, les porteurs de parts seront appelés à se prononcer à l’occasion d’une assemblée prévue mi-mars prochain. Le consortium leur propose 0,53 dollar australien par titre, déduction faite des distributions prévues, soit une prime de 15% par rapport au cours du 27 octobre dernier, jour de la signature d’une lettre d’intérêt ouvrant la voie à la soumission d’une offre. Le quotidien Australian a certes confié que l’étude approfondie menée par les prétendants avait mis en évidence des survalorisations pour certains actifs.

Cette transaction traduit à nouveau l’intérêt des investisseurs de par le monde pour les actifs australiens. L’OIRPC, typiquement, a indiqué avoir investi quelque 4 milliards de dollars locaux l’an passé dans les infrastructures et l’immobilier. Responsable de l’investissement du fonds de pension dans ce secteur, Graeme Eadie a tenu à souligner le mois dernier que l’«Australie est relativement solide, elle n’a pas connu les faiblesses que plusieurs autres marchés ont traversées».

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