Le fonds Global Alpha de Goldman Sachs est victime de sa stratégie

Cette gestion reposait sur les fondamentaux des entreprises. Les véhicules adoptant une lecture macroéconomique ont résisté à la débâcle
Antoine Landrot

La fermeture du hedge fund Global Alpha de Goldman Sachs, annoncée la semaine dernière, n’a pas étonné grand monde. Global Alpha avait déjà connu des déboires durant l’été 2007, liés au «quant crash» qui avait affecté l’ensemble des fonds systématiques (sans intervention humaine, ou «quant») pendant la crise des subprimes: la flambée du risque avait obligé les banques à vendre leurs actifs les plus liquides.

Mais aujourd’hui, au-delà du fait que l’équipe de Global Alpha avait perdu une partie de ses forces vives depuis quatre ans, «les marchés actions ne réagissent plus en fonction des fondamentaux des entreprises depuis le début de l’année, souligne Cyril Julliard, président d’ERAAM. Les investisseurs gèrent leurs portefeuilles en fonction des événements macroéconomiques. On assiste à des capitulations, où l’émotion prend le dessus». Or, le fonds de Goldman Sachs utilisait notamment une approche fondamentale, détectant des anomalies du marché actions relatives aux résultats des entreprises ou aux changements d’opinions des analystes financiers sur les valeurs.

Tous les fonds systématiques n’ont pas connu pareille mauvaise fortune. «Ils ont vécu une évolution technologique importante ces dernières années. Des gérants ont développé de nouveaux modèles, qui utilisent par exemple des systèmes de lecture intelligents décryptant les flux d’informations à partir de leur nature positive ou négative», détaille Guido Bolliger, responsable des investissements chez Olympia Capital Management.

De même, les fonds CTA (Commodity Trading Advisor), qui gèrent les actifs sur les marchés de futures, et certaines stratégies «discrétionnaires» ont tiré leur épingle du jeu. Ces véhicules ont une lecture «non émotionnelle» et «avaient des signaux négatifs sur les tendances macroéconomiques. Ils s’étaient positionnés sur la volatilité, les Bunds allemands, les bons du Trésor américain, les métaux», poursuit Cyril Julliard. L’indice Systemic Diversified de HFR, qui suit les CTA, affiche une performance de +0,7% en août.

L'échec de Global Alpha n’annoncerait donc pas forcément d’accidents de la même ampleur chez les fonds quants, selon les observateurs. «Autant il y avait eu de la destruction d’alpha en 2008, avec des rachats très importants, autant la performance des hedge funds en 2011 est conforme à leurs expositions et aux évolutions de marché», conclut Laurent Minvielle, directeur de la multigestion alternative chez EdRIM.

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