Le fonds Elliott risque une amende de 40 millions d’euros de l’AMF
Le représentant du Collège de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a demandé vendredi une sanction record de 40 millions d’euros à l’encontre du fonds d’investissement Elliott fondé par Paul Singer, pour manquement d’initié et manipulation sur le cours de l’action APRR.
Les représentants du fonds, qui ont fermement nié tout manquement, ont trouvé un soutien de poids dans le rapporteur de la commission des sanctions. Tout en estimant que le manquement d’initié était caractérisé, il a estimé qu’il n’y avait pas eu manipulation de cours.
L’affaire remonte à 2010. Le consortium Eiffarie, formé par le groupe Eiffage et l’australien Macquarie, détient alors 81,48% du capital des Autoroutes Paris Rhin Rhône, privatisées quatre ans plutôt. Eiffage cherche à passer les 95% du capital pour intégrer fiscalement APRR et le retirer de la cote. Dans l’idée de les céder à Eiffarie à bon prix, le fonds Elliott avait acheté dès 2006 des actions APRR. Fin 2009, il détient ainsi environ 12% du capital de la société, mais ce n’est qu’à la mi-juin 2010, et après des tentatives infructueuses, qu’Elliott convainc Eiffage d’acheter sa participation.
Les représentants de l’AMF reprochent à la branche britannique du fonds, Elliott Advisors UK, d’avoir transmis à ses partenaires américains d’Elliott Management Corp, une information privilégiée sur la perspective de cession des titres APRR à Eiffage, à un prix supérieur au cours du marché. Il est reproché à Elliott Management de l’avoir utilisée pour acquérir des titres APRR au cours du printemps et jusqu'à ce que le titre ait été inscrit début juin sur une liste d’initié. Grâce à cette stratégie, Elliott aurait réalisé un profit estimé entre 2,8 millions et 7,5 millions d’euros.
Les très nombreux conseils du fonds, et le fils même de Paul Singer, Gordon Singer, qui était CEO d’Elliott Advisors, ont assuré que ces achats résultaient de la stratégie de longue date du fonds et qu’avant le début du mois de juin, rien ne permettait de penser qu’un accord serait trouvé avec Eiffage pour céder les titres, ni de prouver que des informations avaient été transmises.
Le représentant du Collège a aussi reproché à Elliott d’avoir tenté de manipuler le cours du titre APRR pour s’assurer que la part du fonds serait cédée au meilleur prix. Le rapporteur de la Commission n’a relevé aucun élément permettant de caractériser ce manquement.
Plus d'articles du même thème
-
Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
Les négociations sur le plan de départs qui va toucher environ 600 postes en France semblent tendues entre les organisations syndicales et la direction du groupe. -
Intériale se réinvente sans perdre son identité
Le nouveau plan à 5 ans de la mutuelle s’inscrit dans un contexte post-réforme de la protection sociale complémentaire qui a laissé des traces. Consciente de la nécessité de faire pivoter son modèle, Intériale entame sa reconstruction. -
Les banques européennes continuent d’émettre plus de 20% de «green bonds»
Les émissions d’obligations bancaires vertes ou durables sont restées robustes depuis trois ans, mais les émetteurs utilisent encore assez peu le nouveau format standard EuGB, même s’il est en progression depuis quelques mois. -
PARTENARIATPerspectives pour les marchés obligataires à la mi-année
Le second semestre 2026 s’annonce globalement favorable pour les marchés obligataires, mais il est aussi clairement porteur de risques. La croissance est résiliente, les fondamentaux du crédit sont solides et la demande de revenus reste forte. Cependant, les anticipations d’inflation ayant progressé, les banques centrales restent focalisées sur la hausse des prix. Enfin, le conflit au Moyen-Orient ajoute à l’incertitude. -
SpaceX déploie son énorme force de frappe financière
Le groupe d'Elon Musk a confirmé le rachat pour 60 milliards de dollars de Cursor, spécialiste du codage par IA. Dans l'euphorie de sa cotation réussie, SpaceX dispose avec ses actions d'une monnaie d'échange à laquelle il est difficile de résister. Pour le moment. -
Le risque géopolitique exerce un travail de sape sur la trésorerie
L’enquête AFTE-Rexecode-Meti pointe un effet pour l’heure mesuré des tensions dans le Golfe persique sur la résilience opérationnelle.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
- L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
- La guerre au Moyen-Orient n'affole pas la place financière de Paris
Contenu de nos partenaires
-
Avec l'accord USA-Iran, Benjamin Netanyahu voit son avenir politique s'assombrir
Le Premier ministre israélien a misé sur une stratégie belliciste face à l'Iran et au Hezbollah, sans parvenir à faire disparaître la menace qui pèse sur Israël -
Vents contrairesCroissance : la Banque de France sabre ses prévisions pour 2026
La Banque de France a révisé sa prévision de progression de l'activité de 0,9 % à 0,5 %. L'inflation harmonisée au niveau européen devrait atteindre 2,5 %. De quoi singulièrement compliquer l'équation budgétaire du gouvernement -
Retour vers le futurAffaire Lyhanna : faut-il serrer la vis à la justice ?
Adresser des instructions individuelles aux parquets ? « Chiche », répondent plusieurs politiques, dont Edouard Philippe, et même des magistrats. L'affaire Lyhanna continue de secouer la justice