Le fonds des assureurs pour les obligations PME sera bientôt lancé

L’appel d’offres ouvert auprès des sociétés de gestion est bouclé. Le fonds devrait bénéficier d’un montage et d’un champ d’intervention nouveaux
Frédérique Garrouste

Le fonds de Place créé sous l’impulsion de la CDC et de la FFSA par les grands assureurs français prend forme. Lancé à l’initiative de Thierry Giami, président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché, il a clôturé l’appel à candidatures qui lui permettra, d’ici environ trois semaines, de choisir une société de gestion pour investir jusqu’à 1 milliard d’euros en dette de PME et ETI françaises.

Pas moins de 14 assureurs s’apprêtent ainsi à miser sur des obligations à 5 ou 7 ans, à taux fixe et remboursables in fine, selon des emprunts dont la taille s’inscrira dans une fourchette de 10 à 50 millions d’euros. Mais avant même de procéder à la souscription des émissions, la société de gestion devra trouver les entreprises émettrices et en analyser la santé financière. Les sociétés financées n’étant pas forcément cotées, l’appréciation de la qualité des risques sera donc cruciale.

Malgré la nouveauté du schéma - le fonds devrait être appelé Novo -, notamment du fait de la taille restreinte des entreprises ciblées, les investisseurs auraient reçu un nombre important de réponses, signe de l’engouement que suscite le sujet des fonds de prêts à l’économie.

Quant aux assureurs, ils s’engagent aux côtés de la Caisse des dépôts qui n’apporte que 10% des fonds. Il est vrai que le montage juridique facilite la prise en compte des investissements dans leurs actifs de type obligataire et non pas dans le «ratio poubelle» où échouent le plus souvent leurs prêts aux entreprises. De fait, le véhicule d’investissement prendra la forme d’un FCT (fonds commun de titrisation), la plus commode pour souscrire de la dette d’entreprise, mais tout en évitant la notation qui pose habituellement problème.

En effet, les agences notant les PME sont rares et les notes de qualité moyenne si bien que les FCT ont tendance à coter leurs émissions… au Luxembourg. Mais ici, la société créée au-dessus du FCT pour en souscrire les parts et émettre des obligations restera basée à Paris: le montage anticipe ainsi sur le projet de décret de Bercy, qui veut faciliter la souscription de parts de FCT non «tranchés» par les assureurs et qu’il a contribué à inspirer. Par la suite, le véhicule lèvera ses fonds au fur et à mesure de ses investissements, autre particularité de cette initiative.

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