Le fonds de pension qui gère la retraite additionnelle des fonctionnaires va pouvoir investir davantage en actions. Le décret réformant les règles d’investissement de l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp) a été publié hier.
La réforme, annoncée en décembre, doit permettre de «mobiliser l'épargne des Français au service du financement de l'économie», selon Michel Sapin. Le ministre des Finances estime que l’Erafp pourra réaliser 5 milliards d’euros d’investissements supplémentaires en actions d’ici à 2020. Et ce, à la grande satisfaction du fonds qui espérait une réforme depuis des années.
Le besoin en était devenu plus pressant ces derniers temps : «l’effort de provisionnement des engagements du régime avait tendance à augmenter du fait de l’allongement de la durée de la vie alors que le portefeuille de placements, compte tenu de la baisse des rendements obligataires, rapportait de moins en moins», explique le directeur de l’Erafp, Philippe Desfossés. Dans ce contexte, le régime vient d’adopter une révision de ses tarifs qui «donne les moyens de saisir ces nouvelles opportunités», notamment au profit des PME et ETI, souligne-t-il.
Désormais, l’Erafp, qui gérait 21 milliards d’euros en valeur de marché fin de 2014, devrait pouvoir investir jusqu’à 40% de ses fonds en «actifs à revenus variables», et notamment en actions. Auparavant, il devait réaliser au moins 65% de ses placements en obligations. Il peut aussi investir jusqu’à 10% de ses actifs dans l’immobilier. Fin 2014, 23% des investissements étaient réalisés en actions contre 68% en obligations et 3% dans l’immobilier. Le décret élargit par ailleurs la possibilité d’investir en direct plutôt que de devoir lancer de contraignants appels d’offres pour attribuer des mandats. «Le décret ouvre la possibilité d’investir en direct dans un fonds ouvert comme Novo par exemple», se félicite Philippe Desfossés.
Le gouvernement ne veut pas s’en tenir à l’Erafp. Il a chargé l’associé fondateur du cabinet Ricol Lasteyrie, René Ricol, de réfléchir aux moyens de mieux orienter l’épargne retraite vers les entreprises. Les travaux devraient être terminés d’ici à la fin du mois. Selon nos informations, afin de mieux flécher les fonds vers les actions françaises, ils ne devraient pas proposer de réformer les règles d’investissements des caisses de retraite mais plutôt de travailler à rendre l’offre de gestion plus attractive, notamment du point de vue des commissions.
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