Le Fonds de logement intermédiaire étoffe son trésor de guerre
Animal unique dans le paysage financier français, le Fonds de logement intermédiaire (FLI) entre dans le concret. Porté par la SNI, la filiale immobilière de la Caisse des dépôts, ce «véhicule de placement, et non de place», selon ses promoteurs, a lancé ce mois-ci une deuxième levée de fonds. Après un premier closing à 515 millions d’euros en juillet, le FLI espère porter ce montant à 700 millions d’euros d’ici à mars 2015. En y ajoutant 500 millions de dette, sa capacité d’intervention de 1,2 milliard lui permettra d’acheter 5.000 logements neufs loués 10% à 15% sous le prix du marché. Il en a déjà signé 800 auprès de promoteurs et vise le millier pour la fin de l’année.
«Avec la baisse des taux, nous nous rapprochons en rendement courant d’une prime de 200 pb sur l’OAT, au-dessus du benchmark traditionnel des 100 pb pour le logement - tout en proposant aux institutionnels un produit encore moins risqué que le résidentiel direct grâce à notre diversification géographique», explique Vincent Mahé, secrétaire général de la SNI. Le fonds, qui cible 300 communes à fort potentiel géographique, doit acheter à 25% sous le prix de marché (il bénéficie notamment d’une TVA à 10% au lieu de 20%). D’une durée de 20 ans, il commencera à vendre ses biens au bout de 10 ans, sans donner de congé forcé. Il promet un TRI de 7% sur 20 ans.
Le FLI a par ailleurs sécurisé ses lignes de financement, comme l’exigeaient les souscripteurs. Une gageure: beaucoup de banques ne prêtent plus sur des durées aussi longues, et la dette doit être assez souple pour épouser le rythme d’investissement du fonds. Le FLI doit signer dans les tout prochains jours un financement tranché de 120 millions d’euros à taux fixe avec la banque allemande Deutsche Hypo. Il bénéficie aussi d’une ligne de 190 millions auprès des fonds d’épargne de la CDC, et d’autres conventions de crédit, par exemple auprès des fonds «1% logement».
«Grâce à la baisse des taux, le coût de la dette sera inférieur aux prévisions initiales. Nous avons prévu des différés d’amortissement qui nous permettent de payer dès la première année un coupon indexé de 3,5%», indique Nathalie Caillard, DG déléguée d’Ampère Gestion, la filiale de la SNI qui gère le fonds.
Avec ces caractéristiques, le FLI espère convaincre deux autres gros assureurs, de petites mutuelles et même un institutionnel étranger de rejoindre l’aventure. La SNI, CNP, Aviva, BNP Paribas Cardif, Malakoff Mederic, l’Erafp, EDF, et SMABTP ont souscrit la première tranche.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs