Le fonds chinois CIC est en perte sur ses participations étrangères
La crise rattrape le fonds souverain chinois CIC. L’an dernier, le portefeuille d’investissements étrangers du groupe a accusé sa pire performance depuis la création de CIC en 2007 avec une perte de 4,3%, selon son rapport annuel. A titre de comparaison, le retour sur investissement se montait encore à près de 12% en 2010. De son côté, le montant des actifs sous gestion a progressé passant de 133,9 milliards de dollars à fin 2010 à 146,9 milliards à fin 2011 grâce à une injection de capital de 30 milliards.
L’an dernier, CIC a notamment fait les frais de la baisse du coût des matières premières ce qui a lourdement pesé sur la valorisation de son portefeuille de participations en partie orienté vers les ressources énergétiques. L’exportateur de charbon Teck Ressources, dans lequel CIC a investi 1,5 milliard de dollars en 2009 a ainsi vu son cours plonger de 42% à la Bourse de Toronto en 2011.
CIC reste par ailleurs très exposé au secteur financier chinois. Il détient ainsi des participations dans les principales banques du pays à travers son holding Central Huijin Investment.
Un peu plus tôt ce mois-ci, le fonds singapourien Temasek a lui aussi été pénalisé par l’exposition de ses participations étrangères au ralentissement économique mondial. Son bénéfice a chuté de 16% au cours de son exercice 2010-2011 clos le 31 mars. Le retour sur investissement pour ses actionnaires se chiffre à près de 1,5% contre 4,6% un an plus tôt.
De son côté, CIC a été tout particulièrement fragilisé par les pertes enregistrées sur ses placements en actions, tandis que ses portefeuilles obligataires se sont plutôt bien comportés, a expliqué le groupe sans donner plus de détails. En 2011, le fonds souverain s’est renforcé dans le private equity et dans l’immobilier tout en continuant à investir dans le pétrole, le gaz, les mines et les infrastructures, indique le rapport annuel publié sur le site de CIC. Pour l’avenir, le groupe se veut prudent en raison de la forte volatilité qui règne sur les marchés financiers. Le président de CIC a précisé que le groupe n’avait aucune intention d’acheter de la dette souveraine européenne, même s’il cherche toujours des opportunités d’investissement dans la région. En juin, CIC a signé un accord pour le rachat d’une participation de 7% dans la société Eutelsat Communications basée à Paris pour un montant de 385,2 millions d’euros.
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