Le FMI souligne l’aggravation des risques géopolitiques pour la croissance
Le Fonds monétaire international (FMI) prend acte des chiffres décevants du début d’année. L’institution de Washington a ramené hier à 3,4% sa projection de croissance mondiale pour 2014, soit 0,3 point de moins par rapport à ses prévisions d’avril, pour tenir compte notamment de la contraction inattendue de l’économie américaine cet hiver. Anticipant un rebond dès le deuxième trimestre 2014, le FMI a maintenu sa prévision de croissance mondiale à 4% l’an prochain.
Mais «les aléas géopolitiques se sont aggravés depuis avril : les risques d’une flambée des cours du pétrole s’accentuent en raison des récents événements au Moyen-Orient, et ceux liés à l’Ukraine persistent», s’alarme le Fonds monétaire. Le cas de la Russie est le plus frappant. En 3 mois, le FMI a abaissé respectivement de 1,1 point cette année et de 1,3 point l’an prochain ses prévisions de croissance pour le pays, à 0,2% et 1,0% respectivement. Et encore, il ne se trouve pas dans le camp des plus pessimistes. La Commission européenne a ébauché hier des sanctions visant les banques publiques russes qui, «si elles étaient adoptées, exacerberaient une très probable récession cette année», estimait hier Michal Dybula, économiste chez BNP Paribas.
Deux autres membres éminents des «Brics» font les frais de cette révision, pour des raisons cette fois purement économiques: la croissance au Brésil serait amputée de 0,6 points cette année et l’an prochain, à 1,3% et 2%, et celle de l’Afrique du Sud de 0,6 point en 2014 seulement, à 1,7%. L’ampleur de ces révisions en l’espace de trois mois suggère d’ailleurs que le FMI s’était montré un peu trop optimiste au printemps. La révision est peu moins prononcée en Chine (-0,2 point).
En Europe, les divergences s’accentuent, comme le confirment aussi les indices PMI publiés hier. Le FMI a relevé à la hausse sa prévision pour l’Allemagne (+0,2 point à 1,9% en 2014) et plus encore pour le Royaume-Uni (+0,4 point à 3,2%). La France reste avec l’Italie dans les retardataires. Le Fonds n’attend plus qu’une croissance de 0,7% dans l’Hexagone cette année (-0,3 point), et a aussi revu de 0,1 point en baisse celle de l’an prochain, à 1,4%.
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