Le FMI serait prêt à employer les grands moyens pour soutenir l’Italie

Alors que Rome doit recevoir cette semaine des inspecteurs du Fonds, l’institution pourrait prêter jusqu'à 600 milliards d’euros à la Péninsule
Yves-Marc Le Reour

La pression monte pour le nouveau gouvernement italien qui s’apprête à recevoir dans les prochains jours des inspecteurs du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre d’une mission de «surveillance». Selon La Stampa qui se réfère à une source proche du dossier, l’institution de Washington étudie la possibilité de prêter «jusqu'à 600 milliards d’euros au pays à un taux de 4 ou 5% sur 12 à 18 mois», afin de lui permettre de respirer face à la pression des marchés.

Cette source dit ignorer sous quelle forme le FMI pourrait soutenir l’Italie, facilité de prêt traditionnelle ou ligne de crédit préventive. Etant donné que la capacité de prêt totale du FMI est actuellement de l’ordre de 400 milliards de dollars (300 milliards d’euros), la somme évoquée dans l’article du quotidien italien exigerait de nouvelles mesures telles que l'émission de nouveaux droits de tirage spéciaux ou l’intervention de la BCE.

Mario Monti doit présenter le 5 décembre des mesures qui représenteront, selon la presse italienne, jusqu'à 15 milliards d’euros d'économies. Parmi celles-ci figurent le rétablissement d’une taxe sur la résidence principale dont la suppression en 2008 par le précédent gouvernement coûte chaque année à l’Etat environ 3,5 milliards d’euros. L’Italie envisagerait aussi de privatiser des services locaux, d’ouvrir davantage de professions à la concurrence, de réduire les protections des travailleurs en cas de licenciement, ou d’augmenter la TVA dans les bars et restaurants.

Alors que Rome a plus de 185 milliards d’euros d'échéances à rembourser entre décembre et la fin avril, les coûts d’emprunt du pays sont revenus à des niveaux dangereux (voir page 2). Pour restaurer la confiance des marchés, l’Association des banques italiennes soutient l’achat direct d’obligations d’Etat et de bons du Trésor italiens par les épargnants, les établissements de crédit renonçant alors à leurs commissions sur ces opérations. Une initiative qui laisse «sceptique» Nicola Borri, professeur d’économie à l’Université Luiss de Rome.

Elle reflète en tout cas un degré d’urgence qui dépasse les frontières de l’Italie. Moody’s juge désormais qu’aucun pays de la zone euro n’est «à l’abri d’une dégradation de sa note de crédit», la possibilité d’un défaut multiple entraînant alors «une fragmentation de l’euro» en cas d’abandon de la monnaie unique par un ou plusieurs de ses membres.

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