Le FMI se joint au concert de voix appelant la France à se réformer
Les mises en garde se succèdent pour le gouvernement français. Après la Banque de France et la Commission européenne la semaine dernière, c’est au tour du Fonds monétaire international de presser Paris d’accélérer les réformes structurelles et les baisses de dépenses publiques. Dans son rapport de mission sur l’économie française, l’institution vient de réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour le pays.
Le FMI estime que le PIB national va se contracter de 0,2% en 2013 alors qu’il tablait sur un recul de 0,1% en avril. Les économistes de Washington entrevoient une reprise pour 2014 avec un rebond de 0,8% du PIB contre 0,9% auparavant. Lundi, ils avaient réduit de moitié leur prévision de croissance pour l’Allemagne à 0,3% pour 2013 citant des incertitudes persistantes dans la zone euro.
«Les principaux risques à la baisse résident dans la fragilité des perspectives de croissance en Europe (…)» et sur le plan intérieur «dans l’incertitude sur la politique fiscale qui pèse sur les décisions de dépenses des ménages et des entreprises», souligne le FMI, au lendemain de l’annonce d’un coup de rabot au quotient familial. Le fonds considère ainsi que l’effort doit se faire sans augmenter la pression fiscale qui a atteint un «niveau excessif». Il invite Paris à réduire la masse salariale dans la fonction publique, et à baisser le coût du travail. Le FMI se félicite des progrès accomplis en matière de réformes avec l’accord sur la sécurisation de l’emploi, le crédit d’impôt pour les entreprises, ainsi que le lancement de plusieurs chantiers de réformes (retraites, politique familiale...) mais estime que ce n’est pas suffisant.
«Une montée en puissance des réformes lancées par le gouvernement au cours des six derniers mois est nécessaire pour combler l’écart qui se creuse avec les pays de la périphérie qui enregistrent d’importants gains de compétitivité», juge le FMI. L’institution considère que le problème structurel de la France est caractérisé par trois indicateurs : un ralentissement des gains de productivité, de faibles marges bénéficiaires et une détérioration des performances à l’export.
Le rapport évoque aussi les banques françaises. Le travail engagé pour restructurer leur bilan, a certes permis de réduire les inquiétudes sur la stabilité financière mais elles ont encore «du chemin à parcourir pour accroître leurs réserves de liquidité et améliorer leur ratios de liquidité à moyen terme», conclut le FMI.
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