Le FMI refourbit son arsenal de lignes de crédit pour affronter les chocs de liquidité
Avec en toile de fond les turbulences en zone euro, le Fonds crée une nouvelle ligne de liquidité visant à satisfaire des besoins à court terme
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Antoine Duroyon
Le Fonds monétaire international (FMI) affûte ses armes pour tenter de répondre aux défis posés par l’aggravation de la crise de la dette en zone euro. Prenant la mesure des pressions croissantes pesant sur le financement de ses membres, l’institution de Washington a présenté hier une «ligne de précaution et de liquidité». Cette nouvelle facilité vise à satisfaire le plus grand nombre. Les pays dotés d'économies solides mais qui éprouvent des difficultés passagères en matière de liquidité en raison de contraintes indépendantes de leur volonté pourront y recourir. Même chose pour les pays qui anticipent des besoins potentiels, cette nouvelle ligne remplaçant la «ligne de crédit de précaution».
Ce financement dans le cadre d’un accord d’une durée de six mois pourra atteindre jusqu'à 500% du quota d’un membre, c’est-à-dire le niveau de sa contribution, et sera assorti d’un nombre limité de conditions. Pour ceux dont les besoins se révèlent plus conséquents, il pourra également être octroyé via des programmes de 12 à 24 mois, avec un montant maximum représentant 1.000% du quota. Mais dans ce cas, il sera plus strictement encadré, notamment via des évaluations du conseil d’administration du FMI. Cette «réforme renforce la capacité du Fonds à fournir des financements pour la prévention et la résolution des crises», a estimé dans un communiqué Christine Lagarde, la directrice générale du FMI. «C’est une nouvelle étape vers la création d’un filet de sécurité financier mondial et efficace pour répondre à une interconnexion mondiale accrue», a-t-elle ajouté.
Cette refonte des instruments de financement du FMI est la deuxième du genre en quinze mois. Le Fonds continuera de proposer sa «ligne de crédit flexible» qui n’est accompagnée d’aucune condition pour les pays dont l'économie est fondamentalement saine. Le Mexique, la Pologne et la Colombie en profitent. Parmi les autres changements, le FMI a décidé de regrouper ses mécanismes de crédit d’urgence existants au sein d’un «instrument rapide de financement». Celui-ci consiste à porter assistance à des nations confrontées à des besoins immédiats en raison de «chocs exogènes», dans des régions instables politiquement telles que le Moyen-Orient ou l’Afrique du Nord.
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