Le FMI reconnaît ses manquements pendant la crise financière
C’est un mea culpa partiel, ou une approbation mitigée, selon que l’on voie le verre à moitié vide ou à moitié plein. Le bureau d’évaluation indépendante (Independent Evaluation Office, IEO) du Fonds monétaire international (FMI) a dévoilé hier son rapport sur «La réponse du FMI à la crise économique et financière», qui établit le bilan des recommandations de l’organisation internationale entre 2008 et 2011.
Pour le satisfecit, il faut se reporter aux années 2008-2009, période marquée par la faillite de Lehman Brothers. Les appels du FMI «à des mesures de relance budgétaire à l’échelle mondiale en 2008-09 sont arrivés au bon moment et ont été très écoutés», indique l’IEO.
En revanche, au cours des deux années suivantes, la volonté du FMI à pousser les pays développés comme l’Allemagne, les Etats-Unis et le Japon, à revenir à une politique d’austérité face à l’envolée de la dette publique et des déficits fiscaux «était prématurée» dans la mesure où ces économies étaient en convalescence.
Et si le FMI a recommandé au même moment «à juste titre» une politique monétaire expansionniste si cela s’avérait nécessaire (pour maintenir la reprise et soutenir la demande dans les pays développés), il a mal évalué les conséquences néfastes que ces politiques pourraient provoquer dans les pays émergents. Le FMI assume ses recommandations de l’époque. «Je crois fermement que conseiller aux économies témoins d’une augmentation rapide de leur dette de prendre des mesures de consolidation était la bonne décision à prendre», a réagi Christine Lagarde, la directrice du FMI dans un communiqué.
«Ce dosage de la politique économique a été loin d’être pleinement efficace pour favoriser la reprise et a exacerbé les répercussions négatives», souligne en revanche l’IEO. Le bureau reconnaît toutefois que l’organisation internationale a «fait preuve de souplesse pour réexaminer ses conseils» à mesure que les perspectives de croissance se détérioraient.
Mais si, en 2012, le FMI avait admis avoir sous-estimé les conséquences des coupes budgétaires sur la croissance et finalement recommandé de ralentir les politiques d’austérité, il avait les outils intellectuels pour le faire bien plus tôt: les travaux de recherche menés par ses propres équipes avaient établi le lien avant même la crise, révèle l’IEO.
Enfin, les diverses autorités interrogées par l’IEO se demandent si le FMI est le mieux placé pour détecter les risques dans le secteur financier.
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