Le FMI prône des mesures énergiques de toute urgence pour réduire les risques
Le Fonds estime que la croissance mondiale va tomber à un rythme d’environ 4% jusqu'à la fin de 2012, contre plus de 5% en 2010
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Antoine Duroyon
Détail du logo du FMI. Photo: Andrew Harrer/Bloomberg
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Engagée dans «une nouvelle phase périlleuse», l'économie mondiale avive les craintes du Fonds monétaire international (FMI). Dans ses «Perspectives de l'économie mondiale», le Fonds revoit fortement à la baisse ses attentes, évacuant le scénario d’une reprise modeste et graduelle. Compte tenu d’un fléchissement de l’activité, d’un effondrement de la confiance et d’une accentuation de l’incertitude budgétaire et financière, la croissance mondiale devrait se borner à 4% jusqu'à la fin de 2012, avec «une expansion anémique» du PIB réel des pays avancés de 1,5% cette année et 2% l’an prochain.
Pour les pays de la zone euro, le FMI vise une croissance de 1,6% cette année et 1,1% en 2012, contre des prévisions respectives de 2% et 1,7% en juin. Le Fonds s’inquiète du risque que «la crise de la zone euro échappe au contrôle des gouvernants». Il demande donc aux instances responsables de ratifier sans retard les engagements pris le 21 juillet. Son attention se tourne également vers la Banque centrale européenne, appelée à poursuivre avec fermeté son intervention sur les marchés de la dette souveraine et à baisser son taux directeur «si les risques de dégradation de la croissance et de l’inflation persistent».
Les projections relatives à l'économie américaine subissent également une franche correction. Le FMI a ramené ses prévisions de croissance pour 2011 de 2,5% à 1,5% et de 2,7% à 1,8% pour 2012. «Il importe en priorité d’établir un plan d’assainissement des finances publiques à moyen terme pour placer la dette publique sur une trajectoire viable et de prendre des mesures pour soutenir la reprise, notamment en facilitant l’ajustement des marchés du logement et de l’emploi», avance le FMI, tout en reconnaissant l’effort initié dans le cadre de l'«American Job Act». La Réserve fédérale, qui pourrait dévoiler aujourd’hui une «opération twist» - se matérialisant par l’allongement de la durée du portefeuille obligataire - est aussi appelée à prendre ses responsabilités.
Avec des risques de dégradation de la situation «bien réels», le FMI plaide pour des mesures «énergiques» et rapides sur trois plans : rééquilibrage des finances publiques, nouvelles injections de capitaux bancaires et rééquilibrage des comptes extérieurs. A défaut de cet effort, avertit le FMI, «il ne faut rien attendre de plus qu’une reprise molle et cahotante».
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