Le FMI juge tenable l’objectif de réduction des déficits de la France
L’institution prévoit un déficit inférieur à 3% du PIB en 2014, un an cependant après l’échéance fixée par le gouvernement français
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Benoît Menou
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Photo IMF/Cory Hancock
Pain béni pour la nouvelle équipe de Bercy. Au cœur d’une tempête macroéconomique marquée par la crise des dettes souveraines européennes ou les prix élevés des matières premières et de l’énergie, la France tiendrait le bon cap. Mais de nouveaux efforts seront nécessaires avant d’espérer arriver à bon port. Ce jugement à la tonalité rassurante est celui du rapport annuel consacré à l’économie française par le Fonds monétaire international et publié hier.
Le FMI table sur le respect d’un déficit public inférieur à 3% du PIB en 2014. Certes un an après l’échéance promise aujourd’hui par le gouvernement. Sur la base d’estimations de croissance comparables à celle de Paris (précisément 2,1% en 2011 puis 1,9%, 2,0% et 2,1% de 2012 à 2014), l’institution de Washington mise sur une baisse linéaire de 0,9 point chaque année (1,0 point en 2013) du ratio, partant de 5,7% en 2011 pour aboutir à 1,1% en 2016. En passant par le sésame de 2,9% en 2014.
Dans un communiqué distinct, la ministre du Budget Valérie Pécresse a réagi en soulignant l’«intangibilité» de l’objectif du gouvernement de respecter le critère de Maastricht en 2013. La ministre a tenu à confirmer que «des économies supplémentaires sur les niches fiscales seront réalisées, si nécessaire» pour atteindre l’objectif de 4,6% l’an prochain.
Le FMI salue l’action des pouvoirs publics pendant la crise, entre rigueur et soutien à l’économie. Il n’en souligne pas moins que la France détient parmi les Etats européens notés AAA la dette brute la plus élevée rapportée au PIB, à 85,2%, et affichera le deuxième déficit le plus élevé en 2011.
A long terme, la crédibilité budgétaire de la France, indispensable au maintien de la notation AAA par les agences, passera par la mise en œuvre de nouvelles réformes, notamment dans les secteurs de la santé et des retraites. La réforme entérinée l’an passé sur ces dernières est qualifiée de «pas important dans la bonne direction». Mais la voie de la réduction des dépenses reste impérative, au regard d’une imposition déjà élevée. L’institution dirigée par Christine Lagarde, la précédente locataire de Bercy, voit ainsi l’adoption constitutionnelle de la «règle d’or» contraignant davantage le budget comme une initiative favorable.
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