Le FMI incite la zone euro à accroître les ressources dédiées à la gestion des crises
Bien mais peut mieux faire. C’est l’appréciation du plan d’entraide européen que s’apprête à livrer le Fonds monétaire international (FMI). Son directeur général Dominique Strauss-Kahn va présenter aujourd’hui devant l’Eurogroupe un rapport sur l'état de l'économie de la zone euro. «La tempête financière qui affecte la périphérie (de la zone euro) constitue un grave risque à la baisse» pour la croissance économique et pourrait faire capoter la reprise, prévient le FMI. Les mesures mises en place au niveau européen - le soutien à l’Irlande et le projet de pérennisation du mécanisme de gestion des crises - sont accueillies favorablement mais jugées insuffisantes.
«Beaucoup de choses plaident pour une augmentation des ressources mises à la disposition de ce mécanisme et pour un emploi plus souple de celles-ci, y compris dans le but de fournir un soutien plus efficace au système bancaire», considère l’institution de Washington. Samedi, la Belgique, qui occupe la présidence de l’Union européenne, a plaidé pour un effort additionnel. «Nous devons augmenter le montant total d’argent du mécanisme permanent qui vient en 2013; je ne réclame pas une telle augmentation tout de suite», a déclaré Didier Reynders, le ministre des Finances belge. «(Mais) si nous décidons (cette augmentation) dans les semaines ou les mois qui viennent, pourquoi ne pas l’appliquer immédiatement à la facilité en cours (le FESF, ndlr)? », a-t-il questionné. Mais pour la ministre espagnole de l’Economie, Elena Salgado, augmenter la taille du dispositif «n’est pas la question du moment». «L’Europe doit parler d’une seule voix dans cette crise plutôt que d’engager des moyens financiers supplémentaires», a-t-elle estimé dans un entretien aux Echos.
Autre levier d’action que le FMI encourage à actionner plus fortement, celui de la politique monétaire. Les mesures exceptionnelles de la BCE, en matière d’allocation de liquidité et d’achats d’obligations, ainsi que les mesures de soutien au secteur bancaire de l’Union européenne, doivent rester en place et même être développées jusqu'à ce que l’incertitude systémique se soit apaisée, après quoi elles pourront être retirées progressivement, recommande le FMI. La BCE a écarté en fin de semaine dernière toute mesure spectaculaire, se contentant de maintenir les dispositifs déjà en vigueur.
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