Le FMI demande à l’Espagne de concentrer ses efforts sur l’emploi

L’institution estime que les efforts de consolidation budgétaire pour 2013 sont suffisants et souhaite la poursuite des réformes structurelles
Solenn Poullennec

Le Fonds monétaire international (FMI) recommande à l’Espagne de continuer les réformes structurelles et de tout faire pour favoriser l’emploi. Même s’il juge que la consolidation budgétaire est «nécessaire», elle ne doit pas selon lui nuire à la croissance.

Dans son rapport sur l’état de l’économie espagnole publié hier, le Fonds estime que, depuis l’année dernière, «d’importants progrès ont été faits sur des réformes cruciales et difficiles». Par exemple, en juillet, le gouvernement espagnol a adopté une réforme du marché du travail, juste après avoir demandé aux membres de la zone euro de débloquer une enveloppe maximale de 100 milliards d’euros pour le pays.

Le FMI s’inquiète cependant de la contraction continue du crédit et des hauts niveaux de taux de prêts. Il se montre aussi très préoccupé par la faiblesse de la demande, aggravée par le chômage, à 27%. Même si le dynamisme des exportations ou la baisse des taux souverains sont réconfortants, le FMI met en garde contre «toute tendance à justifier un ralentissement des réformes par la perspective d’une stabilisation économique». L’institution de Washington table sur une croissance à peine positive en 2014 (à 0,7%) après une nouvelle année dans le rouge pour le PIB (-1,6%).

Elle recommande d’approfondir les mesures prises pour débloquer le marché du travail, à qui elle reproche, entre autres, d’offrir très peu d’emplois à long terme. Cela pourrait passer par une refonte des accords collectifs dans les entreprises ou encore par des baisses de charges pour diminuer le coût d’embauche des jeunes ou des personnes peu qualifiées. Le bailleur de fonds assure également que les chefs d’entreprises pourraient s’engager à créer des emplois en échange d’une baisse des salaires.

Pour le FMI «la nécessaire consolidation budgétaire doit être aussi graduelle et favorable à la croissance que possible». Même si le déficit est encore trop haut (10% du PIB fin 2012) pour que la dette (84%) soit soutenable «le réduire trop rapidement nuirait à la croissance». Le Fonds estime que les projections de déficit officielles (qui consistent à ramener celui-ci sous les 3% en 2016) «sont équilibrées» et que de nouvelles mesures de consolidation «ne sont pas souhaitables pour 2013». Et d’ajouter que «les cibles nominales (et si, nécessaire, structurelles) doivent être flexibles si la croissance est inférieure aux prévisions gouvernementales».

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