Le FMI demande à la Grèce un fisc plus efficace et un secteur public réduit
Athènes doit maintenant faire vite pour prouver sa volonté de remplir les objectifs fixés par la «troïka» (BCE, UE, FMI). Le week-end dernier, les pays européens ont décidé de reporter au 3 octobre la décision sur le déblocage de la nouvelle aide à la Grèce, de 8 milliards d’euros, en intégrant la contribution du Fonds monétaire international (FMI). Une téléconférence hier soir avec les bailleurs de fonds a été productive et sera poursuivie mardi soir (aujourd’hui), a indiqué le ministère des Finances grec. Selon un haut fonctionnaire aux Finances cité par Reuters, un accord est «proche».
L’environnement ne facilite pas la tâche du gouvernement en matière de réduction du déficit, à 7,6% du PIB en 2011, puisque l’activité devrait se contracter de 5,5% cette année contre un repli de 3,5% précédemment attendu. Dans ce cadre, Athènes doit pourtant générer un excédent primaire de 3 milliards d’euros. En 2012, le PIB devrait encore se réduire de 2,5%.
Pour Bob Traa, le représentant permanent du FMI en Grèce, la Grèce doit d’abord améliorer l’efficacité de son administration fiscale. Les efforts en la matière «n’ont clairement pas produit les résultats espérés jusqu’ici, explique-t-il. (…) L’augmentation des revenus qui est nécessaire pour ramener les comptes sur la bonne voie doit principalement venir d’une amélioration de la collecte des impôts, plutôt que d’une hausse des taux d’imposition». L’assistance technique présente depuis un an devrait permettre des progrès dans ce domaine «s’il existe une volonté politique», ajoute-t-il.
Le secteur public doit aussi subir une véritable cure d’amaigrissement d’après le FMI. Il faut passer outre les tabous, indique-t-il, comme la fermeture de structures inefficaces ou les doublons.
L’idée de réduire la fiscalité dans certains domaines afin d’améliorer la collecte doit être pour le moment écartée car elle ne ferait qu’accroître les déficits, précise Bob Traa sur la base de précédentes expériences internationales. Le FMI réfute aussi la possibilité d’atteindre les objectifs fixés sans mesures supplémentaires. Il ne la juge «pas réaliste». Reste au gouvernement grec à trouver le moyen de faire avaler la pilule aux décideurs politiques et à la population. Le manque de soutien des premiers inquiète «considérablement» l’organisation internationale.
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