Le FMI conseille à Paris de discuter de l’objectif des 3%
Le gouvernement français devrait discuter avec ses partenaires européens d’une réduction moins rapide de ses déficits publics, a conseillé hier Edward Gardner, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) en France. L’organisation internationale a indiqué le 21 décembre qu’elle ne croyait pas que l’objectif de ramener le déficit budgétaire sous les 3% du produit intérieur brut (PIB) d’ici l’année prochaine, conformément aux exigences de Bruxelles, serait atteint.
Pour le FMI, le gouvernement français s’appuie sur des prévisions de croissance trop optimistes, et son déficit, sauf coupes budgétaires supplémentaires, devrait plutôt approcher 3,5% en 2013. «Notre conseil, c’est que la France discute dans un contexte européen plus large de la politique appropriée pour 2013», a estimé lors d’une conférence téléphonique Edward Gardner, dont l’organisation s’inquiète des effets récessifs des politiques d’austérité en Europe.
Le chef de mission a estimé qu’il serait préférable qu’une baisse des objectifs ait lieu de manière «coordonnée» en Europe et qu’il lui semblait que la Commission européenne avait envoyé des signaux en ce sens. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a jugé dans un entretien publié par le quotidien Le Monde le 21 décembre que la politique de la France était crédible à moyen terme, ce qui lui permettait de choisir un ajustement «plus doux».
Le journal El Pais a de son côté écrit le 22 décembre, sur la base de propos tenus par de hauts responsables au sein de l’exécutif européen, que la Commission donnerait davantage de temps à l’Espagne et à la France pour atteindre les 3%. François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ont jusqu'à présent écarté toute idée de revoir à la baisse leur politique de réduction des déficits qui prévoit un budget en équilibre en 2017.
Les économistes jugent qu’un assouplissement général décidé au niveau européen permettrait à la France de s'épargner une cure d’austérité supplémentaire sans pour autant être stigmatisée sur les marchés financiers. Paris veut croire que le prix historiquement bas auquel se négocie la dette française –aux alentours de 2% pour ses emprunts à 10 ans– reflète sa crédibilité sur l’effort budgétaire et les mesures structurelles engagés.
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