Le FMI attendu pour dépolitiser la restructuration des banques espagnoles
Faute d’autorité européenne de résolution capable de piloter la recapitalisation des banques espagnoles, dont le ministre Luis de Guindos fera officiellement la demande aujourd’hui à Luxembourg, les pays de la zone euro vont s’appuyer fortement sur le Fonds monétaire international.
«Le FMI sera impliqué en qualité de conseil et d’assistant technique», a dit cette semaine un officiel européen. Et d’ajouter : «C’est important pour la crédibilité du processus».
Selon la presse espagnole, les deux cabinets chargés d'évaluer les besoins en capitaux des banques devraient rendre leurs conclusions aujourd’hui. Le ministre espagnol, qui s'était jusqu'à présent replié derrière le manque de données chiffrées pour ne pas introduire officiellement de demande d’aide, devrait donc le faire dans la foulée devant les autres ministres des Finances des Dix-Sept réunis en Eurogroupe à Luxembourg. La demande devrait, toujours selon la presse, porter sur 60 à 80 milliards d’euros, ce qui est dans la limite de la ligne de crédit de 100 milliards décidée à titre préalable par l’Eurogroupe le 9 juin.
Dans les semaines à venir, l’Eurogroupe devra résoudre deux séries de questions liées, d’une part, à la restructuration du secteur bancaire espagnol lui-même, d’autre part, au financement du programme. «La conditionnalité stricte portera au moins sur chaque banque individuelle mais la problématique de la conditionnalité s'étendra au-delà des banques individuelles. Ce sera la grande discussion», a ajouté cette source. Le FMI, dont la directrice générale sera à Luxembourg ce soir, interviendra à la fois sur la «structure du programme» et sur les «grandes lignes de la conditionnalité».
Le rapport Oliver Wyman/Roland Berger devrait donner un chiffrage global. Pour l'évaluation banque par banque, il faudra attendre une autre expertise dont les résultats ne seront pas connus avant juillet. «Amener un peu de clarté dans les bilans bancaires, cela demande pas mal de temps», notait hier une source européenne.
Pour ce qui est du financement, «un certain nombre de grands pays sont favorables à (l’utilisation) du MES, mais personne ne dit qu’il ne faut pas le FESF», expliquait cette semaine une source européenne. Une autre source européenne assurait que l’on pouvait «compter sur une entrée en vigueur» du nouveau mécanisme «comme prévu», autrement dit au début du mois de juillet.
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