Le FMI appelle la Banque centrale européenne à la rescousse
Le Fonds estime que la BCE est le seul acteur suffisamment fort pour effrayer les marchés mais Berlin rejette une telle éventualité
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Antoine Duroyon
Au siège du FMI. Photo: Bloomberg
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Quel rôle doit jouer la Banque centrale européenne (BCE) dans le processus de résolution de la crise qui secoue la zone euro ? Cette question a suscité de profondes divisions lors de l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) qui s’est tenue ce week-end à Washington. Le secrétaire américain au Trésor a enjoint aux gouvernements de s’allier à la Banque centrale européenne (BCE) pour «créer un pare-feu contre une aggravation de la contagion». Faute de quoi, une incapacité à maîtriser cette crise conduirait à «des défauts en cascades, des ruées bancaires et un risque catastrophique», a prévenu Tim Geithner.
Le FMI a lui aussi appelé la BCE à prendre ses responsabilités. La BCE est «le seul agent capable d’effrayer les marchés», a commenté Antonio Borges, directeur du département Europe au sein du FMI. Ce dernier juge ainsi essentiel de combiner la puissance de frappe de la BCE à celle du Fonds européen de stabilité financière (EFSF). Pour le gouverneur de la Banque centrale canadienne, Mark Carney, il faudrait augmenter le levier de l’EFSF à 1.000 milliards d’euros.
Mais l'éventualité de voir la BCE gagner en influence ne fait pas l’unanimité. Le directeur général de l’EFSF, Klaus Regling, a toutefois jugé hier peu probable une intervention de la banque centrale européenne. «Il existe de sérieuses inquiétudes sur la compatibilité avec la BCE, parce cela pourrait ne pas être conforme avec son interdiction de financement des marchés», a-t-il averti. Cette analyse a rencontré un écho en Allemagne. Pour le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, une telle implication de la BCE violerait les traités européens. Quant au ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, il a jugé que l’effet de levier serait plus efficace sans recours à l’institut de Francfort.
Alors que l’Europe doit encore surmonter plusieurs échéances clés, telles que la ratification par les parlements nationaux de l'élargissement des pouvoirs de l’EFSF ou le déblocage de la prochaine tranche d’aide à la Grèce, le FMI s’est dit «prêt à soutenir vigoureusement» les efforts de la zone euro pour régler cette situation. La directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, a cependant reconnu que les capacités de crédit de son institution (384 milliards de dollars) pourraient ne pas être suffisantes en cas d’escalade de la crise.
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