Le FMI adresse un satisfecit à la Grèce mais reste préoccupé par l’Irlande
Le jugement du Fonds monétaire international (FMI) concernant l’efficacité des efforts entrepris par la Grèce et l’Irlande pour réduire leur déficit budgétaire respectif est loin d’être identique. Après avoir achevé une étude passant pour la deuxième fois en revue les performances de l’économie grecque, l’institution a salué la détermination des autorités du pays à mettre en œuvre les réformes promises et les progrès réalisés jusqu’ici. «L’inflation baisse et la compétitivité des entreprises s’améliore», estime Murillo Portugal, directeur général adjoint du FMI, en soulignant cependant la poursuite nécessaire de la réforme du marché de l’emploi, qui doit s’accompagner d’une «libéralisation des secteurs du tourisme et de la distribution».
La Grèce devrait donc terminer l’année 2010 avec un déficit équivalent à 9,5% du PIB conformément aux attentes, soit une réduction de 6 points en un an. Cela permet donc à ce pays de recevoir du FMI 2,5 milliards d’euros supplémentaires dans le cadre du plan de sauvetage conclu avec les 27 membres de l’Union, ce qui porte à près de 10,6 milliards d’euros le total des versements effectués par l’institution à ce pays.
Le FMI a également approuvé en fin de semaine le versement immédiat de 5,8 milliards d’euros à l’Irlande, ce qui constitue la première tranche d’une facilité de crédit de 22,5 milliards d’euros accordée sur trois ans. Mais il considère en revanche que le pays fait face à des risques importants qui pourraient peser sur sa capacité à rembourser l’aide financière versée. «On pense que le rythme de la reprise sera modeste. Les risques à la baisse sont significatifs en raison des tendances déflationnistes, de bilans tendus», estime l’institution, en soulignant l’existence d’un risque politique résultant des élections prévues au cours du premier trimestre 2011.
Le FMI prévoit pour l’Irlande un recul de 0,2% du PIB en 2010, une croissance de 0,9% en 2011, puis une progression moyenne de 2,75% entre 2012 et 2015. Si aucune nouvelle mesure budgétaire n'était prise, le déficit budgétaire découlant de cette trajectoire de croissance s’élèverait donc à 5,1% du PIB en 2014 et à 4,8% à l’horizon 2015, bien au-delà de l’objectif officiel de 3% sur lequel s’est engagé le pays à cette échéance.
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