Le financement des portefeuilles immobiliers devient plus contraignant
Depuis 2007, des règles en matière de sous-capitalisation ont été mises en place, en France, comme dans les autres pays de l’OCDE. Elles visent à empêcher les filiales de groupes étrangers de déduire intégralement de leur résultat leurs frais financiers liés à des emprunts intragroupes. Ces règles prévoient que les intérêts ne sont pas déductibles fiscalement lorsque le prêt intragroupe est supérieur à 1,5% des capitaux propres de la structure emprunteuse française et que les intérêts payés au groupe sont supérieurs à 25% de l’Ebitda. Comme des entreprises contournaient cette règle en mettant en place des prêts bancaires pour la filiale française assortis d’une garantie du groupe, la loi de Finances 2011 assimile dorénavant à des prêts internes les prêts garantis par des sociétés du groupe.
En conséquence, certains portefeuilles immobiliers sont concernés par les restrictions du nouveau texte alors qu’il ne s’agissait pas de prêts intragroupes réels ou dissimulés. Ainsi, lorsqu’une holding acquiert un portefeuille immobilier, elle loge chaque actif dans une société. Afin de répondre aux exigences de la banque qui finance ces acquisitions, la holding accorde, pour chaque société créée, une garantie sur les titres de toutes les sociétés du portefeuille. Il s’agit de «cross-mutualisation».
Or, «ce cas de figure ne rentre pas dans les exclusions prévues par la loi de Finances. Dans la situation de l’acquisition d’actifs immobiliers, seul le cas où la garantie donnée par l’actionnaire est limitée aux titres de la société emprunteuse permet d’échapper aux règles de sous-capitalisation», indique Pierre Appremont, associé au cabinet d’avocats Wragge & Co.
Autre coup dur pour la profession, les nouvelles dispositions entrent en vigueur pour l’exercice clos au 31 décembre 2010 et concernent donc tous les prêts quelle que soit leur date de commencement. «Les nombreuses transactions sur des portefeuilles immobiliers qui ont eu lieu entre 2006 et début 2008 sont concernées, souligne Pierre Appremont. L’impact sera d’autant plus lourd pour les investisseurs immobiliers que les structures deviennent généralement bénéficiaires au bout de trois à quatre ans, une fois les frais d’acquisition absorbés. Du coup, elles devront payer des impôts plus importants». Seule une intervention de l’administration fiscale permettrait de réduire l’impact de la nouvelle loi pour les investisseurs immobiliers.
Plus d'articles du même thème
-
Berkshire Hathaway met un terme à l’augmentation continue de sa trésorerie
Le groupe cofondé par Warren Buffett a nettement accéléré le rythme de ses rachats d’actions et de ses investissements depuis le printemps dernier. -
Plus patrimoniale, l’assurance vie poursuit son irrésistible aristocratisation
La grande bascule de l’assurance vie vers la gestion patrimoniale s'accélère. Porté par des versements records au premier semestre 2026, le placement phare des épargnants accentue sa montée en gamme, tirée par une clientèle aisée en quête d'allocations plus sophistiquées. Après les années de démocratisation alimentée par les bancassureurs, cette tendance redessine en profondeur l'équilibre entre fonds euros et unités de compte. -
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
Le pétrole reste suspendu aux incertitudes dans le détroit d’Ormuz
Les cours du brut sont repartis à la hausse alors que l’accord entre l’Iran et Oman n’assure pas une réouverture rapide du détroit. Le conflit s’étend désormais au Yémen et à l’Arabie saoudite. -
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
Sans filtrePrésidentielle : le RN face à ses maires francs-tireurs
A huit mois de la présidentielle, le RN cherche à gommer ses irritants. Mais ses nouveaux maires, eux, semblent avoir gagné une liberté qui pourrait bien compliquer la stratégie de Marine Le Pen au niveau national -
EditoGérald Darmanin, l’affaire Lyhanna et le boomerang
Le courrier explosif que le ministre de la Justice a adressé à Laurent Nuñez, énumérant les défaillances des services de police dans la prise en compte des violences sexuelles sur mineurs, pourrait bien se retourner contre lui -
Main dans la mainL'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont-ils créé une Otan du Moyen-Orient ?
Avec leur accord de défense mutuelle signé à La Mecque, les trois puissances veulent renforcer leur pouvoir de dissuasion