Le financement bancaire en dollar se tend encore davantage
Tous les indicateurs de stress sur le marché interbancaire, en euro et en dollar, signalent un nouveau durcissement des conditions
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Violaine Le Gall
La contagion de la crise de la dette en Europe accroît encore le stress sur le marché interbancaire. Le spread entre l’Euribor et taux de swaps au jour le jour (OIS) à 3 mois, qui traduit les tensions dans le marché à l'égard du risque de contrepartie, flirte depuis fin octobre avec les 90 points de base (pb), son plus haut niveau depuis deux ans et demi. Autre preuve de la réticence des banques à se prêter entre elles, elles utilisent largement la facilité de dépôt de la BCE, rémunérée à 0,5% seulement. Le montant placé à la BCE a grimpé à 216 milliards d’euros mercredi dernier, alors que la facilité recevait moins de 50 milliards en moyenne au premier semestre 2011.
Les propos du patron de l’agence de la dette allemande, Carl Heinz Daube, pourraient encore renforcer les tensions dans les jours à venir. «On peut imaginer que la BCE n’accepte plus les obligations d’un, deux, trois ou quatre pays; techniquement, ça pourrait impliquer qu’ils doivent sortir» de la zone euro, a-t-il déclaré hier. Une situation qui bouleverserait le secteur bancaire européen.
Les tensions s’amplifient aussi sur le financement bancaire en dollar. «Depuis le début du mois de novembre, les perspectives de stress sur le financement des banques européennes ont continué de se détériorer», commente Simon Peck, de la recherche taux de RBS. Le swap croisé de devises euro/dollar 3 mois, qui matérialise la prime payée par les banques empruntant des euros à taux variable et les échangeant contre du dollar, est monté en flèche à -129,5 pb contre -111 pb en fin de semaine dernière.
Les banques ont pourtant la possibilité d’utiliser le dispositif exceptionnel d’injection en dollars mis en place par la BCE et la Fed depuis plus d’un mois. Mais elles l’utilisent très peu, d’une part parce qu’il est plus coûteux qu’un swap sur les marchés, et d’autre part parce que le recours à cette facilité serait perçu négativement par les investisseurs, explique Simon Peck. Les banques pourraient cependant s’y résoudre si la Fed baisse nettement le coût de cette facilité, comme l’a laissé entendre Eric Rosengren, le président de la Fed de Boston le 16 novembre dernier, alors que la crise européenne commence aussi à affecter les marchés court terme américains.
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