Le FESF se représente au prix fort sur le marché obligataire
Reportée il y a une petite semaine devant l’agitation des marchés, l'émission à dix ans du Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’est finalement déroulée hier. L’opération a été arrangée par Barclays Capital, Crédit Agricole CIB et JPMorgan. Le contexte paraissait guère moins chamboulé, les incertitudes politiques italiennes ayant pris le relais des vicissitudes grecques. Le principal enseignement de ce placement, destiné à financer le versement d’une deuxième tranche d’aide à l’Irlande, paraît clair : le Fonds n’est pas à l’abri de la pression du marché malgré la signature de certains de ses garants.
Le FESF a mis à prix 3 milliards d’euros d’obligations, à échéance février 2022, pour servir un rendement supérieur de 104 points de base au taux swap de référence. Cela se compare à l'émission mi-juin de titre à échéance 2021, où le spread avait atteint 17 points de base par rapport au taux mid-swap. Ce spread relativement élevé pour cette nouvelle émission «change complètement la donne, c’est un monde totalement nouveau pour le FESF», estime-t-on chez Commerzbank. Cette opération revêtait également un caractère symbolique puisqu’il s’agissait de la première émission depuis l’accord de réforme conclu fin octobre.
Les incertitudes qui entourent ce chantier, débattu à nouveau hier soir par les ministres des Finances de la zone euro (lire aussi page 4), ont certainement pesé. «On vous demande d’investir dans quelque chose dont la forme pourrait changer de manière assez radicale», souligne Rabobank. De fait, la demande a été plutôt timide puisqu’elle a tout juste dépassé les 3 milliards d’euros.
L'émission inaugurale en janvier de 5 milliards d’euros de titres à cinq ans avait attiré plus de 44 milliards d’euros d’ordres. Celle de ses titres 2021 en juin (pour 5 milliards d’euros) avait vu le livre d’ordres s'établir à 8 milliards d’euros. Hier, les banques centrales ont compté pour 35% dans les achats de titres, devant les banques (30%). Les investisseurs européens ont été majoritaires (45%), tandis que les Asiatiques ont représenté 25% des acheteurs, dont 10% d’investisseurs nippons. Le directeur général du FESF, Klaus Regling, s’est dit toutefois satisfait du montant global «malgré un environnement de marché difficile».
Plus d'articles du même thème
-
Orange a effectué le rachat partiel de deux souches obligataires
Afin de financer son offre de rachat, Orange avait préalablement émis pour 850 millions d'euros de nouvelles obligations. -
QIA a participé au tour de financement de Nearfield Instruments
Le fonds souverain du Qatar s'est allié au tour de financement de Nearfield Instruments. L'opération de la société technologique néerlandaise a été très plébiscitée par les investisseurs. -
Clariane boucle une émission d'obligations hybrides
L'exploitant de maisons de retraite et de cliniques a levé 333 millions d'euros. -
Forvis Mazars consolide le pont entre Paris et Séoul
Le cabinet en France et en Corée du Sud a signé avec Invest Séoul un partenariat visant à renforcer l’accompagnement du développement bilatéral des entreprises. -
Les chefs d’entreprise s’accrochent à des bouées de sauvetage
Dans la lutte contre les retards de paiement, les patrons approuvent notamment selon le baromètre du Cabinet Arc la création d’une notation sur les pratiques de paiement. -
Le fabricant de chars KNDS donne le coup d’envoi à sa cotation en Bourse
Le groupe franco-allemand prévoit de s’introduire à Paris et Francfort. Les actionnaires existants vendront 20% du capital à cette occasion et aucune augmentation de capital n’est au programme.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
- AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
Contenu de nos partenaires
-
Face à la canicule, le monde agricole redoute de lourdes pertes
Les fortes chaleurs fragilisent les exploitations agricoles. Entre baisse de production dans les élevages, baisses de rendement et mortalité inhabituelle dans certaines filières, les exploitants redoutent de lourdes pertes lors de la période estivale -
A la panthéonisation de Marc Bloch, Emmanuel Macron tente de desserrer la tenaille des extrêmes
A l'occasion de l'entrée au Panthéon de Marc Bloch, le chef de l'Etat a mis en garde contre la menace fasciste et le péril antisémite, sans désigner nommément le RN ou LFI -
Heure de véritéCures thermales : vers une première évaluation sous haute pression
Conventionné depuis 1947, le thermalisme essuie régulièrement des tentatives de déremboursement, qui se fondent jusqu'ici sur une absence de preuves médicales indépendantes