Le FESF se représente au prix fort sur le marché obligataire
Le Fonds a émis au bénéfice de l’Irlande 3 milliards d’euros d’obligations à dix ans au taux mid-swap plus 104 points de base
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Antoine Duroyon
Reportée il y a une petite semaine devant l’agitation des marchés, l'émission à dix ans du Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’est finalement déroulée hier. L’opération a été arrangée par Barclays Capital, Crédit Agricole CIB et JPMorgan. Le contexte paraissait guère moins chamboulé, les incertitudes politiques italiennes ayant pris le relais des vicissitudes grecques. Le principal enseignement de ce placement, destiné à financer le versement d’une deuxième tranche d’aide à l’Irlande, paraît clair : le Fonds n’est pas à l’abri de la pression du marché malgré la signature de certains de ses garants.
Le FESF a mis à prix 3 milliards d’euros d’obligations, à échéance février 2022, pour servir un rendement supérieur de 104 points de base au taux swap de référence. Cela se compare à l'émission mi-juin de titre à échéance 2021, où le spread avait atteint 17 points de base par rapport au taux mid-swap. Ce spread relativement élevé pour cette nouvelle émission «change complètement la donne, c’est un monde totalement nouveau pour le FESF», estime-t-on chez Commerzbank. Cette opération revêtait également un caractère symbolique puisqu’il s’agissait de la première émission depuis l’accord de réforme conclu fin octobre.
Les incertitudes qui entourent ce chantier, débattu à nouveau hier soir par les ministres des Finances de la zone euro (lire aussi page 4), ont certainement pesé. «On vous demande d’investir dans quelque chose dont la forme pourrait changer de manière assez radicale», souligne Rabobank. De fait, la demande a été plutôt timide puisqu’elle a tout juste dépassé les 3 milliards d’euros.
L'émission inaugurale en janvier de 5 milliards d’euros de titres à cinq ans avait attiré plus de 44 milliards d’euros d’ordres. Celle de ses titres 2021 en juin (pour 5 milliards d’euros) avait vu le livre d’ordres s'établir à 8 milliards d’euros. Hier, les banques centrales ont compté pour 35% dans les achats de titres, devant les banques (30%). Les investisseurs européens ont été majoritaires (45%), tandis que les Asiatiques ont représenté 25% des acheteurs, dont 10% d’investisseurs nippons. Le directeur général du FESF, Klaus Regling, s’est dit toutefois satisfait du montant global «malgré un environnement de marché difficile».
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