Le FESF est en première ligne dans le dossier de la dette grecque
Malgré les turbulences des marchés cette semaine, peu d’économistes croient sérieusement à l’hypothèse d’un «Grexit», une sortie de la Grèce de la zone euro. Syriza, le parti d’extrême-gauche, s’est d’ailleurs bien gardé d’évoquer cette option, et devrait sans doute nouer un accord de coalition gouvernementale s’il remporte les élections législatives grecques le 25 janvier.
En revanche, la perspective d’une renégociation des conditions d’aide à Athènes, avec le cas échéant une nouvelle restructuration de la dette après celle de 2012, se renforce. Dans ce cas, la Facilité européenne de stabilité financière (FESF), et derrière elle ses deux principaux garants, Paris et Berlin, se retrouveraient en première ligne.
A fin septembre 2014, la dette publique grecque atteignait 321,7 milliards d’euros, selon le bulletin trimestriel de la PDMA, dont 80 milliards de dette négociable à court et moyen-long terme. Sur les 242 milliards d’euros de dette résiduelle, 227 milliards correspondent à des aides financières et des prêts bilatéraux. Le FESF, le fonds mis en place par la zone euro au début de la crise pour canaliser le financement aux pays placés sous un programme d’aide internationale, porte à lui seul 141,8 milliards d’euros de concours à la Grèce. Les prêts bilatéraux des Etats (53 milliards) et ceux du Fonds monétaire international (32 milliards déboursés) complètent l’apport.
L’exposition du FESF n’est pas constituée seulement de financements directs au budget de la Grèce. Une partie provient des dotations au fonds de recapitalisation du secteur bancaire (48,2 milliards) et des 29,7 milliards d’euros de papiers FESF qui ont aidé les créanciers privés à accepter la restructuration de la dette grecque par échange de titres en 2012.
Si Athènes devait faire défaut sur une partie de sa dette, les Etats seraient touchés à la fois au titre de leurs prêts bilatéraux et de leurs garanties au FESF. Ce dernier peut se tourner vers ses garants si l’emprunteur ne le rembourse pas. Avec la clé de répartition actuelle, l’Allemagne paierait 29,1% de la facture, devant la France (21,9%), l’Italie (19,2%) et l’Espagne (12,8%). Le Portugal et l’Irlande en seraient dispensés.
«Un éventuel défaut de la Grèce pourrait peser sur le volume de dettes dans les pays de la zone euro et mettre en péril les objectifs de réduction des déficits pour 2015», souligne Tullett Prebon. D’où l’intérêt bien compris de toutes les parties à parvenir à une solution amiable.
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