Le développement de la participation au programme des pouvoirs publics en 2008
Nicolas Sarkozy souffle le chaud et le froid auprès des professionnels de l’épargne salariale. Le président de la République a annoncé hier son souhait de « fortement relever » le niveau de la participation et de l’intéressement aux résultats des entreprises pour les salariés. « Un doublement, voire un triplement de la réserve de participation n’est pas quelque chose qui me choquerait », a-t-il déclaré à l’occasion d’une conférence de presse donnée à l’Elysée. Le Président, qui souhaite que « les programmes de stock-options et la distribution d’actions gratuites bénéficient à tous les salariés de l’entreprise et pas seulement à quelques-uns », entend également « créer les conditions réglementaires et fiscales pour que la participation et l’intéressement puissent s’étendre à toutes les entreprises, mêmes à celles de moins de 50 salariés ».
Une annonce bien accueillie par les professionnels de la gestion. « L’idée d’étendre le dispositif à toutes les entreprises et, dès lors, aux 8 millions de salariés qui en étaient privés, constitue une initiative structurante de long terme. De même que la possibilité de doubler voire tripler le montant des réserves de participation, dont le versement moyen par salarié s’élève actuellement à 1.444 euros », relève Ephraïm Marquer, directeur à l’AFG (Association française de la gestion financière). « Associer les salariés au succès de nos entreprises est un facteur clé de leur croissance, pour que de TPE, elles deviennent de vraies PME à dimension internationale », commente de son côté Geoffroy Roux de Bézieux, président de CroissancePlus.
En vue d’étendre la participation à l’ensemble des entreprises, Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité d’un impôt sur les bénéfices différencié pour les sociétés appelées à être concernées. Il a par ailleurs souhaité que « les salariés puissent choisir librement entre l’intéressement (…) et la participation ».
Les déclarations du Président peuvent toutefois apparaître contradictoires, alors qu’une loi sur un déblocage anticipé de la participation doit être prochainement adoptée. « Cette mesure de déblocage est très conjoncturelle et non structurante. Elle vise à répondre ponctuellement à un problème de pouvoir d’achat et est entourée de dispositifs pour éviter de trop toucher aux fonds propres des entreprises », estime Ephraïm Marquer. Reste qu’une mesure similaire, en 2004, avait siphonné 7 milliards d’euros, soit 10 % de l’encours d'épargne salariale.
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