Le destin de la dette souveraine en partie entre les mains des non-résidents
Le succès des émissions de dette souveraine, qui déferleront en zone euro en 2011, dépendra de la capacité d’absorption de la demande et de l’intérêt des investisseurs. Un véritable défi vu la persistance du risque souverain au sein des pays périphériques. Si aux yeux d’UniCredit, l’Irlande et la Grèce et probablement le Portugal ne devraient pas se financer sur le marché primaire en 2011, beaucoup d’Etats membres devront lever de la dette dans un contexte à haut risque en termes de notations.
Le regard externe sera crucial. Et pour cause. La majorité des détenteurs de dette européenne ne vient pas du pays d’émission. D’après Barclays, qui se fonde sur des chiffres d’Eurostat et de la BCE (voir graphique), la dette souveraine en zone euro est détenue, en moyenne, à 58% par des investisseurs ne résidant pas dans le pays de l'émission, dont 32% de résidents en zone euro et 26% situés en dehors de la zone.
A la fin 2009, 68% de la dette française était détenue par des investisseurs non français, dont 31 % de détenteurs européens et 37% de détenteurs hors de la zone euro. Les institutions financières résidant en France s’accaparaient 32% de la dette émises par la France.
Concernant les Pays-Bas et l’Autriche, la dette est entre les mains de non-résidents à hauteur de 71% et de 79%. L’Italie et l’Espagne, en revanche, ont la base d’investisseurs domestiques la plus élevée (53% chacun). La capacité des trois petits pays de la périphérie de l’Europe à réduire leur déficit sera scrutée notamment par les européens eux-mêmes. Les non-résidents comptent pour 67%, 73% et 84%, respectivement, de la dette grecque, portugaise et irlandaise, dont 51%, 60% et 57% de détenteurs basés en zone euro.
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