Le démantèlement de Dexia pèse sur les rendements belges
Moody’s a placé la note du royaume sous surveillance, s’inquiétant des coûts potentiels et passifs additionnels que pourrait assumer l’Etat
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Solenn Poullennec
Les marchés ont malmené le Royaume de Belgique la semaine dernière. Ses rendements se sont tendus alors qu’il déterminait avec la France la répartition du coût du démantèlement de Dexia.
La semaine dernière, les rendements à cinq et deux ans ont grimpé de 39 et 43 points de base respectivement pour atteindre près de 3,30% et 2,11%. Le CDS à cinq ans est aussi monté au début de la semaine au-dessus des 305 points de base, avant de retomber autour de 285 points de base.
Dans le même temps, la dette française n’a pas subi les mêmes tensions. Faute d’avoir plus de précisions sur le démantèlement, les marchés semblaient parier sur la répétition du scénario de 2008. «Les titres belges sont plus pénalisés car dans le cadre du premier plan de sauvetage de Dexia, les aides venaient principalement de la Belgique et celle-ci n’a pas de triple A», commente Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis.
Celui-ci relativise cependant les maux de l’Etat belge. «Je ne pense pas que cette affaire Dexia remette en cause le statut de valeur sûre de la dette belge, d’autant qu’elle a des rendements beaucoup plus intéressants que ceux de la dette allemande, pour une qualité de crédit à peu près équivalente», explique-t-il.
Vendredi, Moody’s a accentué la pression en plaçant la note «Aa1» du royaume sous surveillance, expliquant entre autres vouloir évaluer les coûts et les passifs que l’Etat pourrait assumer en soutenant Dexia. La note AA+ de la Belgique avait été placée sous surveillance négative par Standard & Poor’s en décembre 2010 puis par Fitch en mai. Toutes deux s’inquiétaient du redressement des finances publiques alors que le pays traverse une interminable crise institutionnelle.
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D’autant que la situation budgétaire du pays est plutôt bonne. Avec une croissance de 2,4% prévue pour cette année, la Belgique espère réduire son déficit de 4,1% du PIB en 2010 à près de 3,6% en 2011. De quoi stabiliser puis réduire enfin sa dette qui reste très élevée autour de 97% du PIB.
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