Le défi immobilier reste entier pour la Banque d’Angleterre
Avis aux ambitieux candidats à l’accession à la propriété à Londres: le prix moyen d’un bien résidentiel dans la capitale britannique, en hausse de 26% sur douze mois à fin juin, vient de franchir le seuil des 400.000 livres, à 400.404 livres (près de 503.000 euros) précisément selon Nationwide. L’enquête mensuelle sur le marché outre-Manche met en lumière le rôle de locomotive joué par Londres, pépite prisée des investisseurs étrangers. Mais la hausse est généralisée à l’ensemble du Royaume-Uni, où les prix résidentiels ont progressé de 1,0% le mois dernier (14ème mois consécutif de hausse, à 188.903 livres en moyenne) et de 11,8% sur douze mois (contre 11,1% à fin mai). Si à Londres les prix sont désormais de 30% plus élevés qu’en 2007, ils sont comparables à ces précédents sommets pour le reste du pays.
De quoi raviver les interrogations quant à la capacité de la Banque d’Angleterre à freiner l’emballement. Son gouverneur, Mark Carney, a soutenu le mois dernier que l’immobilier résidentiel constituait le principal risque au renouveau économique national. Les dernières mesures dévoilées en juin par le Comité de politique financière de la BoE ne devraient pourtant «pas avoir d’impact significatif à court terme», selon le chef économiste de Nationwide, Robert Gardner. Ce dernier souligne que la plupart des principaux prêteurs pratiquent déjà les tests désormais exigés de résistance des emprunteurs à une hausse des taux. Et alors que la BoE a fixé à 15% la limite de la production de crédits représentant plus de 4,5 fois les revenus, cette part se situe en deçà, à 11% environ. Elle atteint certes 20% à Londres.
Nationwide préfère miser en tant que facteur d’assagissement sur les anticipations de hausse de taux de la Banque d’Angleterre, attendue à partir de fin 2104, attentes qui pourraient «empêcher la demande des acheteurs de progresser fortement».
Il n’en reste pas moins que la BoE «ne dispose pas des outils nécessaires pour régler le problème fondamental du marché résidentiel - le manque d’offre», souligne Nationwide, dans un marché de fait historiquement peu actif en termes de volumes de transactions. L’indice d’activité de Markit concernant le secteur de la construction, publié hier, a rebondi de 2,6 points en juin. Après avoir il est vrai atteint en mai un plus bas de sept mois.
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