Le débat s’intensifie outre-Manche sur le calendrier d’une hausse de taux
Les minutes de la Banque d’Angleterre révèlent deux courants de pensée au sein du comité de politique monétaire. Le consensus pourrait se fissurer dès août
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Alexandre Garabedian
Par neuf voix contre zéro, les membres du comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre ont encore fait preuve d’unanimité en juillet en faveur du statu quo. Mais les minutes de la BoE, publiées hier, ainsi que les déclarations de son gouverneur Mark Carney, témoignent d’une intensification des débats au sein de l’institution sur le calendrier et le rythme de hausse des taux.
Alors que le consensus des économistes s’attend demain à une croissance du PIB britannique de 0,8% au deuxième trimestre, la BoE juge que la reprise se raffermit outre-Manche. La perspective d’un resserrement monétaire suscite dès lors deux interprétations au sein de la banque. D’un côté, «le risque qu’une petite hausse du taux directeur fasse dérailler la croissance, et laisse l’inflation sous sa cible de long terme, diminue», selon les minutes. Autre argument des «faucons», remonter le refi aujourd’hui «faciliterait ensuite un rythme plus graduel» de resserrement. Ce caractère «graduel et limité» a été réaffirmé hier par Mark Carney.
De l’autre, la BoE relève peu de signes de constitution de pressions inflationnistes. «Une hausse inattendue des taux d’intérêt alors que les salaires réels n’augmentent pas encore pourrait conduire à une réaction disproportionnée des prix des actifs et déstabiliser la reprise», notent les minutes. Tout comme à la Fed, certains membres de la Banque d’Angleterre craignent que les effets néfastes d’un resserrement prématuré ne puissent être corrigés par un nouveau stimulus monétaire, dont l’efficacité marginale diminuerait.
En évoquant les salaires réels, la BoE fait référence, selon les propos de Mark Carney, «aux signaux contradictoires sur le degré de ‘slack’ [écarts d’activité par rapport aux niveaux d’avant-crise, ndlr] sur le marché du travail». Comme aux Etats-Unis, les banquiers centraux assistent à la baisse rapide du taux de chômage, sans que celle-ci ne se traduise pour l’instant par une hausse généralisée des salaires susceptible de nourrir l’inflation. «Le MPC attribue désormais plus de poids à cet indicateur d’inflation salariale par rapport à d’autres mesures de la sous-utilisation des capacités», relève Ross Walker, économiste chez RBS.
Le consensus des votes au sein de la BoE pourrait se fissurer dès la réunion d’août. Les économistes de Deutsche Bank, de Goldman Sachs ou encore d’ING prédisent qu’au moins un membre du MPC votera en faveur d’une hausse le mois prochain.
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